Sons Of Otis – Isolation

Label : Totem Cat Records (2020)
Chroniqué par Iro22

Sur chacun des plans des millions de sphères du multivers, il existe une incarnation du champion éternel qui, délibérément ou non, est le gardien de la balance cosmique. Et à l’inverse de ce concept, inventé par l’écrivain Michael Moorcock, il existe un loser éternel répondant au nom de Sons of Otis, qui n’a de cosmique que la musique. Pourtant les natifs de Toronto (et s’il était là le problème ?) ont tout bien fait, publiant en 25 ans 7 albums ayant, à différents niveaux, de quoi marquer durablement l’histoire de la musique alourdie. Le pinacle de leur discographie sort même en 1999, en pleine période stoner rock, via le plus important label du genre (Temple Ball sur Man’s Ruin). Si à 50 ans on a pas écouté cet album c’est qu’on a raté sa vie. Leur résurrection via Small Stone Records leur permet de publier Seismic l’une des toutes meilleures productions de la décennie passée mais rien ne semble y faire, les déboires (de batteurs, de tourneurs), conjugués au caractère de Ken Baluke (qui n’est pas réputé pour être le plus vivable des artistes) et à une malchance certaine, semblent constamment rappeler Sons of Otis dans les limbes de la seconde division dont ils ne se sont jamais vraiment extraits.

8 ans se sont écoulés depuis Seismic et c’est à la faveur d’une tournée commune avec Dopethrone et Bongzilla en 2018 que le groupe fait la connaissance de Totem Cat Records, qui a propulsé la carrière des premiers et réédite méthodiquement les classiques des seconds. Sons of Otis profite des deux mamelles du label : Paid To Suffer et Spacejumbofudge sont ainsi réédités (Temple Ball est à suivre), préparant idéalement le terrain pour la publication d’Isolation. Quel plaisir de retrouver le trio tout en maestria, riffs hypnotiques et chant noyé dans les effets ! Baluke sait qu’il tient une formule qui fait remonter le temps et c’est à la fin des années 90 que le son de cet album nous renvoie, à une époque où rendre hommage à Black Sabbath ne voulait pas dire copier leur son. « Blood Moon » s’ouvre d’ailleurs sur un accord triton nous faisant immédiatement demander « quelle est cette chose, qui se tient devant moi ? ». Mais à l’instar des premières mesures de « Flower Travelin’ Man» d’Earthless, convoquant Led Zeppelin, la citation a ici pour vocation de nous emmener plus loin. Et plus loin c’est ici 57,6 millions de kilomètres plus loin, dans l’espace. L’isolement. Un thème intéressant en ces temps distanciés. Sons of Otis nous met en quarantaine, loin des modes faites de metal extrême ou de sombres musiques pleurnichardes. Les fils d’Otis font dans l’élévation, dans le monte-charge. Dans le tempo pesant, la fuzz grave et la mélodie en boucle : la transe distordue, comme ils l’ont toujours pratiquée. Et « Blood Moon » sature l’espace par ses moments de growl des enfers, « Hopeless » bourdonne, installe la gravité. La présence de « Theme II », 6 minutes d’ambiance macabre amenant la déferlante « Trust » renvoie directement à « Theme » de Spacejumbofudge. Plus que simplement marquer la filiation, Sons of Otis rappelle que même si ses retours sont sporadiques, ils constituent à chaque fois de véritables évènements pour les quelques irréductibles pour qui un vrai album de doom cosmique peut remettre un peu de saveur à une année sinistrée.

Le disque de l’année ?

 

Pont Vinyle :

3 options pour Isolation : une édition spéciale limitée à 100 exemplaires, le lp étant à l’image de la pochette, dans un superbe splatter rouge et noir, accompagnée d’un artbook, Sold out en une journée, 200 ex noir et rouges et 200 autres noirs.

 


 



Note de Desert-Rock :
   (9/10)

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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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