Huntsmen – Mandala of Fear

Label : Prosthetic Records (2020)
Chroniqué par Flaux

 

Sous le pavé, la classe.

From Chicago, Illinois, sévit le quintet Huntsmen. Coupable de deux EP et deux albums depuis 2014, les américains fourbissent un métal riche, complexe et intense qui éclate au grand jour dans ce nouvel opus Mandala of fear.

Riche, oui, car si elle évolue sur une solide base post-métal, la musique des Huntsmen ne saurait être réduite à cet écrin. Il est stupéfiant de constater à quel point les américains se font fort d’un savoir-écrire pointu et dense. Leur « americana métal » tel qu’ils aiment à l’intituler fait preuve d’une sémantique exactitude. L’americana, ce courant se voulant syncrétique, dépoussiérant au passage la musique traditionnelle, est l’appellation toute trouvée pour décrire Mandala of Fear. En effet, si vous êtes friands de composition à tiroirs aux styles éparses mais cohérents cet album est fait pour vous.

Le groupe n’hésite jamais à passer d’un psychédélisme froid à la fournaise du black, d’harmonies vocales sorties des années 70 à la poisse gutturale du sludge. Mandala of fear est un voyage long immersif et surtout cohérent qu’on ne trouve que trop rarement dans les productions actuelles. Le premier morceau « Ride out » en est l’exemple parfait. Une mélodie parfaite, un je-ne-sais-quoi de folk dans son intention et puis une claque double black en pleine poire, rougissant fessier et tympan à la limite de l’indécence. Nous voilà, consentant, à subir les assauts qualitatifs du quintet, séant tenant.

Mandala of fear souffre cependant de sa longueur. Afin de traiter toutes leurs idées et de trousser leur ligne directrice, celle d’un soldat déployé pour la première fois, les américains nous sortent une galette longue, plus d’une heure vingt, et donc difficilement assimilable d’une traite. Reste que cette durée est compréhensible et nécessaire une fois l’album écouté. Menfin (comme dirait Gaston) il ne faut pas avoir une autre activité à côté, tant cette musique nécessite une attention de tous les instants. Si vous êtes du genre à picorer, « Ride Out », « Pirates of the waste » et « Loss » devraient vous convaincre de voyager un peu plus longuement en leur compagnie.

Sorti dans une relative indifférence, Mandala of fear de Huntsmen est pourtant une tarte gigantesque à la hauteur des exigences déployées par le quintet. Si vos écoutes vous mènent à faire le grand écart entre Mastodon et Crosby, Stills Nash and Young, à passer sans vergogne de Russians Circle à All Them Witches, il est fort à parier alors que vous allez succomber à la folie créatrice de Huntsmen. Un album fort, dense, à la production solide qui doit trouver une place de choix dans vos collections musicales.



Note de Desert-Rock :
   (8.5/10)

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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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