Stone From The Sky – Songs From The Deepwater

Label : More Fuzz Records (2021)
Chroniqué par Letthereberock51

Un son unique, mélange de stoner instrumental et de heavy progressif, des artworks beaux comme des toiles de maître, des concerts mémorables à travers nos contrées mais aussi en Europe : c’est peu dire que les Manceaux de Stone From The Sky ont, depuis 2014, réussi à marquer de leur empreinte la scène stoner hexagonale et européenne. Novembre 2021, voici que déboule la quatrième offrande studio du combo (qui vient de s’attacher les services d’un nouveau batteur), intitulée Songs From The Deepwater. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’artwork est au moins aussi sublime que les précédents, avec cette nuée de murènes protégeant jalousement le logo du groupe. Pour le côté visuel, c’est un sans-faute… Et pour la musique ?

D’emblée, on est plongé dans une ambiance cotonneuse et éthérée avec Godspeed, ses délicats arpèges de guitare, ses percussions qui vous caressent les oreilles, cette ambiance à la fois orientale et vaporeuse, comme au temps des meilleurs méfaits des maîtres du prog des seventies. Mais en un peu plus musclée malgré tout ! Une mise en bouche idéale, d’une part parce qu’elle donne furieusement envie d’en savoir plus et que d’autre part, on sent le groupe au sommet de son art, un art qu’il maîtrise toujours à la perfection. Stone From The Sky navigue désormais dans les eaux du post-rock et délaisse le côté psychédélique de ses compositions pour quelque chose de bien plus lourd, avec un son de basse plus épais, plus présent. Des noms comme Caspian, voire même Russian Circles, viennent à l’esprit. Des pointures du genre, que Stone From The Sky s’amuse à titiller. Pas un vain compliment !

Le Squinfus (drôle de titre !) enfonce le clou et se présente comme le titre le plus costaud de toute la discographie du trio. Préparez-vous à déguster un bon gros pot de rillettes durant six minutes éprouvantes mais grisantes ! Karoshi calme (un peu) le jeu avec un son bien plus apaisé, moins brutal mais tout aussi beau. Un titre qui démontre une fois de plus que SFTS a mûri et a parfaitement apprivoisé ce nouveau line-up (bien que l’ancien batteur Dylan ait participé à l’élaboration des compositions depuis 2018). Et quel son de basse, encore une fois ! The Annapurna Healer (et son final totalement grandiose et épique) poursuit le voyage et démontre un parfait agencement des titres, qui s’enchaînent à la perfection pour offrir une sorte d’entité globale totalement immersive. Ce n’est pas un album concept à proprement parler mais pourtant, c’est un album d’une cohérence absolue, un voyage de 40 minutes, un parcours initiatique, un envol vers des contrées lointaines et jusqu’ici rarement explorées par un groupe hexagonal.

On poursuit avec City I Angst, le premier extrait dévoilé en septembre dernier, qui dévoile des sonorités à la fois atmosphériques et abrasives. Bien plus prog dans son approche avec ses changements de rythmes et d’ambiances, il démontre tout ce qui fait le nouveau virage entrepris par le trio. Puis arrive 49.3 Nuances De Fuzz (!), son riff qui rentre immédiatement dans votre esprit et ses 7 minutes délectables. Et on termine en beauté avec Talweg, parfaite conclusion (et chantée s’il-vous-plaît !) à cet album dont l’écoute aura été un bonheur de chaque instant, un instant bien trop court et qui sera passé à toute vitesse.

L’exercice de l’album de stoner instrumental est bien souvent casse-gueule et beaucoup s’y sont cassé les dents car difficile d’emporter l’auditeur sans le lasser à un moment donné. SFTS y parvient avec les honneurs et les plus réfractaires au genre devraient y trouver leur bonheur. Le trio Manceau nous offre, avec Songs From The Deepwater, l’un des meilleurs albums instrumentaux de l’année. Et pas seulement français, mais bien de l’année 2021. Un incontournable du groupe et du genre.



Note de Desert-Rock :
   (8/10)

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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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