Ahab – The Coral Tombs

Label : Napalm Records (2023)
Chroniqué par kara

Il aura fallu 7 ans pour voir les allemands d’Ahab reprendre la mer et nous livrer le successeur de The Boats of The Glen Carrig. Maître incontesté du “Nautik Doom”, Ahab a pris le temps de façonner son cinquième album The Coral Tombs en s’enfonçant dans de profonds abysses. Car si le groupe s’appuyait sur des récits de Melville (Moby Dick) ou de William Hope Hodgson (The Boats of The Glen Carrig) pour nous transporter dans l’enfer des océans et dans la survie horrifiques de naufragés, il vient avec The Coral Tombs puiser dans l’oeuvre de Jules Vernes 20 000 lieues sous les mers ! En guise d’appât, “Prof. Arronax’ descent into the vast oceans” annonçait d’ailleurs un album bien plus sombre, violent, avec un chant grind que l’on n’avait plus entendu depuis leur second opus The Divinity of Oceans.

Ouvrant The Coral Tombs, “Prof. Arronax’ Descent Into the Vast Ocean” fait l’effet d’une chute d’un bateau en pleine tempête dans une mer glacée. Encore glacé par le chant que l’on est submergé par la fureur de la batterie et la puissance de la basse. Une entrée dans l’album par la violence pure qui s’estompe rapidement dès que l’on entame notre descente vers les profondeurs. Ahab brille alors par leur capacité à nous faire ressentir l’immensité immuable de l’océan et nous montre au loin des créatures gigantesques se mouvant avec lenteur. “Colossus of the Liquid Graves” et “Mobilis in Mobili” nous confrontent à ces monstres tentaculaires qui, visiblement mécontents d’être dérangés par de si petits êtres, cherchent à nous précipiter dans les abysses. Les riffs sont épais, le chant est tout aussi gras, et chaque ligne de basse vient résonner dans nos scaphandres… même la batterie souhaite notre perte ! Les notes aiguës sur “Mobilis in Mobili” laissent même penser que notre vaisseau sous-marin n’est pas loin de craquer …

La seconde partie de l’album se veut plus contemplative tout en continuant de nous imprégner de ce sentiment de menace permanente, la folie grandissante de l’équipage n’aidant pas… “The Sea as a Desert” image parfaitement cette face plus posée de l’album en nous projetant devant d’immenses paysages abandonnés voire dévastés par l’Homme. “A Coral Tomb”  prend le temps d’explorer un univers composé de structures sans âge. Le chant devient ici majoritairement clair, et diffuse une mélancolie collant parfaitement avec la lenteur de ces morceaux. D’ailleurs on se perd devant une telle lenteur… la notion de temps disparaît petit à petit… c’est quel morceau déjà ? Ah il n’a duré que 12 minutes ?! L’album se clôture comme il a débuté dans la tourmente et la puissance, avec un solo de guitare bouclant avec celui du premier morceau, nous faisant définitivement sombrer dans les abîmes.

Difficile de remonter à la surface après l’écoute de The Coral Tomb. L’album retranscrit assez étonnamment cette perte de repère et de notion de temps que l’on peut avoir sous l’eau et nous happe dès les premières notes dans son univers sous-marin touchant au lovecraftien, notamment sur l’intro bouillonnante et les riffs de “Mobilis in Mobili”. L’apport du chant (très) guttural est une réussite et, en plus d’appuyer ce côté monstre innommable, donne envie de se replonger dans les premiers albums du groupe. L’attente aura été longue pour voir ce nouvel album d’Ahab mais c’est une grande réussite ! Allez remettons la combinaison, il reste des choses à découvrir dans cet océan !

 




Note de Desert-Rock :
   (8,5/10)

Note des visiteurs :
   (0/10 – 0 vote)

(Pour donner votre note, cliquez sur le nombre de cactus voulus)


Partager cet article :
Voir toutes les chroniques de :
 
 

  •   English version



On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

Voir plusVoir moins

Voir sur Facebook