Ambiance des grands soirs dans la capitale vaudoise pour cette deuxième date de la deuxième partie de la tournée européenne de la dingue aventure bicéphale Monkeys On Mars. Cet incroyable projet, qui figure en pole position de notre Top 2025, n’avait pas encore foulé les scènes romandes et c’est donc à la maison que Monkey3 se produit ce soir-là pour la deuxième date suisse (la première ayant eu lieu dans des contrées germanophones). Le public est nombreux à profiter de la température agréable en ce vendredi soir et les proches du quatuor lausannois est au taquet (et aussi un peu prêt à sanctionner les pains ou fautes de goût…on les connait ces lascars).
L’aventure, dont vous avez déjà eu écho dans nos colonnes digitales, se déploie avec deux architectures différentes et c’est naturellement les copains de Mars Red Sky qui se radinent les premiers sur la scène de Les Docks. Pour les ceusses qui ne le sachent pas, cette salle moderne conçue pour les concerts possède une acoustique au top, un balcon qui ne sera pas utilisé ce soir avec une vue au-dessus des orchestres et surtout une scène super large qui permet au public d’avoir une vue sur l’activité depuis partout, pour des gabarits standards, vu que la salle alignée à la scène est plus large que profonde.
Comme la mise en place est prévue pour le septuor Monkeys On Mars, Julien se place côté jardin avec sa guitare, Jimmy se cale au centre droit avec sa basse derrière son micro et Mathieu rejoint le kit batterie côté cour. Malgré cette étrange configuration propice à un spectacle d’environ deux heures sans interruption, le trio occupe bien l’espace visuel notamment en raison du charisme, de l’humour et de la carrure de son bassiste et des projections en fond de scène.
Durant une quarantaine de minutes, les Français déploient ce qu’ils savent faire de mieux à savoir un rock efficace qui passe de plans très aériens aux vocaux éthérés à des énormes plans burnés assénés avec vigueur pour bouger les nuques tassées devant la scène. Ca joue juste, ça joue propre et c’est carrément envoutant quand les trois protagonistes se rejoignent sur les parties vocales. En ce qui me concerne, j’ai été carrément emmené par « Apex III » – qui fête ses 10 ans – et « The Final Round » – du petit dernier dont les rendus live ce soir-là tenaient du grand art ! Une mention spéciale à Jimmy pour avoir chatouillé l’égo des Vaudois en déclarant au micro qu’il était ravi de revenir jouer à Genève puis d’ajouter dans le Valais : merci !
Alors que les Bordelais sont en pleine exécution, Guillaume se pointe pour envoyer des napes (et des volutes) entre les deux kits batterie épaulé par Walter sur sa gauche, Jalil sur la gauche de Julien et Boris à droite de Jimmy. Les septs chevaliers sont sur scène ensemble et on savoure les possibilités offertes par la salle pour mettre en valeur les artistes durant se premier passage de témoin et cette première phase à double guitares, basses et batteries qui semblent satisfaire non seulement le public, mais les musiciens aussi dont les minois souriants font plaisir à voir.
Les enfants du pays jouent en terrain conquis et, soyons honnête, ils n’ont pas besoin d’en faire des tonnes pour conquérir le – leur ? – public. Les quidams sont principalement là pour eux et ils ne vont pas le regretter. Ca envoie une poignée d’ogives intersidérales – les classiques quoi – l’incroyable « Kali Yuga » – du petit dernier – ou « Icarus » leur hit interstellaire sorti il y a déjà 13 ans. Nos potes sont au top de leur forme : le set est fluide, propice aux échanges non-verbaux (ah les joies des groupes instrumentaux) avec le public et l’exécution frise la perfection. Singe3 est en grande forme olympique dans la capitale olympique sur les rives du Léman et il est au rendez-vous devant son public. Le set est précis et le temps dévolu au quatuor compté surtout quand on prend en compte la durée de l’icône indémodable de « The 5th Sun » et son bon quart d’heure.
S’ensuit le truc de guedin que tout le monde attendait, mais pour lequel on n’est jamais assez prêt : « Through The Desert », l’incroyable ogive de « Beyond The Black Sky » (pour laquelle j’ai un gros faible), est finalisée par Monkeys On Mars au grand complet avec Boris qui beugle dans le micro comme dans les temps jadis (fallait bien les utiliser vu qu’ils étaient là) et c’était incroyable ! L’alchimie entre les deux formations fonctionne à merveille et à sept ils emmènent le morceau encore plus loin, encore plus haut et encore plus fort (on est dans la ville du sport c’est un état d’esprit d’autant plus que les Bordelais étaient en passe de gagner le championnat national de hockey pas comme Lausanne sorti ou Genève). Juste pour ces minutes transcendantes il faut absolument se bouger le popotin afin d’assister à un show de cette tournée si ce n’est pas déjà fait !
La suite de Monkeys On Mars embraye, alors que je suis dans les cordes suite à l’enchaînement d’uppercuts précédent, en déclinant logiquement les deux compositions maison : « Seasonal Pyres » et « Hear The Call » avec le supplément d’âme du live. C’est bigrement lourd et propice aux jams avec une mention spéciale aux deux batteurs qui s’amusent comme des petits fous. Je savoure la chose à sa juste valeur et, il y a une putain de qualité sur scène, « Strong Reflection » de Mars Red Sky est déployée à la perfection par l’imposante formation qui a du talent, mais la baffe ultime de la soirée sera à mes yeux « Once Upon A Time In The West ». Ce titre emblématique dont l’original vaut son pesant de cacahuètes (piquantes steuplé merci) était apparu sur « Undercover » (l’ovni sorti en 2009) et a surtout été réorchestré et upgradé par le quatuor du cru dans le cadre d’un festival lausannois pour lequel les groupes devaient opter pour des reprises d’artistes dont le nom commençait par la même lettre que la première de leur propre nom. Ce bain de jouvence a fait du bien aux vieux de la vieille qui suivent les pérégrinations de Monkey3 depuis un bout de temps et la satisfaction a été communiquée bruyamment par l’assistance.
Après plus de deux heures de show ininterrompu avec une mise en scène sobre – des lights et quelques envois de fumée bien sentie lorsque l’intensité musicale augmentait – visant à mettre en valeur les musiciens, avec des interprétation hors des sentiers battus pour les deux formations, avec une setlist globale proche du best of des deux groupes, avec des gens qui prennent du plaisir sur scène et le font ressentir ainsi qu’avec un public – presque – conquis d’avance : cette soirée était d’excellente facture et je n’étais pas le seul à arborer un sourire imbécile au terme de ce set généreux.
Un grand merci aux acteurs de ce spectacle et une mention spéciale à Boris pour avoir déclaré au micro : « Merci Genève » alors que le supergroupe saluait l’assistance qui l’ovationnait à juste titre.





































