Pentagram se voit sortir un High Voltage « Live at Spotsylvania » (1978). Sans hurler à la pépite ultime, on se retrouve quand même avec un bout d’histoire du doom entre les oreilles. Imaginez : nous sommes en 1978 et vous êtes fan de Pentagram. Vous vous retrouvez avec 500 autres personnes en Virginie dans le jardin de Martin Swaney, face à Bobby Liebling, Swaney, Hasselvander derrière les fûts et Paul Trowbridge ainsi que Richard Kueht aux guitares. Cette nuit-là a été enregistrée et RidingEasy Records en a ressorti les bandes pour remixer un beau morceau de huit pistes nous permettant au moins de dire : « On aurait aimé y être ».
Il aurait fallu être fou en découvrant ce live pour s’attendre à un enregistrement de haute volée sonore. On est au summum du DIY : un concert capté dans le jardin de la mère de Swaney. Ça craque, ça sature et les basses noient régulièrement le chant comme les cymbales. A le considérer comme une pièce historique, ce live permet surtout de mesurer le chemin parcouru par les ingénieurs du son.
Le nettoyage réalisé par Nick Townsend permet néanmoins de rendre l’ensemble largement écoutable. Il en résulte, si c’était encore utile, la confirmation que Pentagram a toujours pu compter sur des musiciens de premier ordre. Que ce soit le solo de guitare de « Much Too Young to Know », l’efficacité outrancière de la basse sur « Earth Flight » ou le solo de batterie de « When the Screams Come », malgré un montage final avouons-le un peu bancal.
On touche quand même au miracle avec un line-up si volatile qu’on pourrait le dire inexistant. Les fées dégénérées du rock qui se sont penchées sur le berceau de Bobby n’ont pas seulement créé une étrange créature : elles lui ont aussi offert des compagnons capables de maintenir Pentagram à flot pendant cinquante ans. De son côté, le Stonebunny montre peu de failles, et celles que l’on perçoit sont rapidement englouties dans l’enfer électrique des guitares, particulièrement sur « 20 Buck Spin ».
La sélection des titres révèle que Pentagram a très tôt constitué l’essentiel de son répertoire. Il faudra attendre 1985 pour voir « 20 Buck Spin » apparaître officiellement en studio et 1999 pour que « Review Your Choices » bénéficie du même traitement. Entre-temps, « When the Screams Come » ou « Earth Flight » auront trouvé leur place dans diverses compilations. ce live High Voltage agit ainsi comme un projecteur braqué sur une période folle de Pentagram.
Cette capsule temporelle de 33 minutes n’est peut-être pas un indispensable de discothèque, on vous avait prévenu. Pour autant, elle retrace un fragment précieux de la scène doom de la fin des années 70. Au-delà de ce qui mènera à Pentagram (Relentless), elle éclaire cinquante années d’existence d’un groupe qui n’était probablement pas conçu pour dépasser les dix ans d’activité mais continue pourtant d’émettre.
(Pour donner votre note, cliquez sur le nombre de cactus voulus)



