Uncle Acid The Deadbeats – Shapes Of Midnight

Label : Killer Candy Records (2026)
Chroniqué par Sidney Résurrection

Uncle Acid & The Deadbeats, le groupe de rock psychédélique aussi malsain que le rejeton de Jack l’Éventreur et Charles Manson, nous revient aprés son exploration cinématographique Nell’ Ora Blu. Finis les pas de côté, cette fois, le groupe de l’omnipotent Kevin Starrs revient à la source mais enrichie de sa précédente expérience. Le nouvel album, Shapes Of Midnight est annoncé comme une pièce narrative, l’histoire d’un groupe de potentats qui s’enferment à double tour pendant que le monde finit de pourrir (Starrs explique s’être inspiré de la nouvelle Le Masque de la Mort Rouge de Poe) . Le malheureux cousin de l’album Wasteland de 2018 s’il en est. Malheureux, car le thème colle à notre réalité et on aurait bien aimé qu’il en soit autrement. Cependant, que le monde se meure, cela nous offre l’opportunité d’écouter encore une fois la folie créatrice d’Uncle Acid, alors réjouissons-nous un peu, le rôdeur est de nouveau dans la rue!

À première vue, pas de grand renouveau chez Tonton, qui poursuit son approche narrative de l’écriture musicale. Ce nouveau Shapes Of Midnight est à considérer dans la lignée de Shockwave City et des précédents Pour autant, l’auditeur habitué à la finesse des Deadbeats sait que le diable se cache dans les détails. Et vous savez quoi ? Ce nouvel opus est diabolique !

Au premier plan, la claviériste Rachell Brunett, qui est venue compléter le line-up lors de l’expérimentation Nell’ Ora Blu peut désormais démontrer l’étendue de son talent sur scène. Les apports, nombreux du clavier – assuré par Kevin Starrs sur l’album – au fil des pistes, leur donnent une toute autre dimension, notamment lorsque l’on lorgne sur l’intro génialement cinématographique et rétro de “Psycho On The Loose”. Rien de massif au demeurant : une touche précise et des sonorités habiles qui provoquent même chez l’auditeur une confusion avec les cordistes sur “Don’t Let It Control You”. Il ressort des compositions le sentiment que  Starrs est un élément moins central du groupe et qu’Uncle Acid & The Deadbeats forme enfin une seule et même entité. Vue de l’esprit ou réalité vraie ? Vous vous ferez votre propre opinion.

Au second plan : la variété des styles empruntés pour construire l’album. Du blues de “Sleep No More” au boogie de “Don’t Let It Control You”, Starrs et sa bande explorent les thématiques jazzy avec l’appui du saxophone sur “I Won’t Sleep (Till You’re Gone)” et flirtent avec la NWOBHM, que ce soit sur le dernier tiers de “House By The Grave” ou le solo lascif de “The Other Side Of The Sky”. Dans ce creuset, des riffs en pagaille happent l’auditeur pour ne jamais le lâcher. Les solos sont brefs, incisifs, comme toujours, les mélodies absolument engageantes et les cavalcades euphorisantes comme avec encore une fois “Don’t Let It Control You” et son esprit boogie.

On ressort  de l’audition de Shapes Of Midnight avec le sentiment d’avoir écouté un très grand cru du groupe, qui renoue avec ses meilleures plaques et nous livre un album sans faiblesse où chaque titre est un must-have. Excusez du peu ! Pas besoin d’aller bien loin pour s’en apercevoir: “House By The Grave” introduit l’album avec maestria et rien n’est en dessous jusqu’aux creepy dernières notes de “Sleep No More”.

Dire qu’il s’agit du meilleur album d’Uncle Acid and the Deadbeats serait ardu, et on n’aime pas les jugements trop définitifs. Il reste quand même que les Britanniques nous gratifient d’un album de rétro-rock de très haute volée, qui complète et magnifie à merveille leur discographie.



Note de Desert-Rock :
   (9/10)

Note des visiteurs :
   (8/10 – 2 votes)

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