Stoned Jesus – Songs To Moon

Label : Season Of Mist (2026)
Chroniqué par Sidney Résurrection

La fin de l’année approche à grands pas et Stoned Jesus semble vouloir tenir sa promesse d’aboutir à un triptyque dans les meilleurs délais. Voici donc que sort le nouvel album des transfuges ukrainiens, qui, en réponse au précédent, se nomme cette fois Songs To Moon. On le rappelle, si vous avez eu la flemme d’aller relire la chronique, la dernière galette en date se nommait Songs To Sun. Stoned Jesus souhaitait, pour 2027, produire trois albums aux tonalités totalement différentes. Avec pareil titre, il semblerait que Songs To Moon soit l’avers d’une pièce dont le prédécesseur constituait le revers.

L’univers de l’album est introduit par un jeu sombre et brutal. La mélopée y réside surtout dans les voix, et encore, par touches. « Under The Skin », c’est toucher du doigt le post-metal et le renier tout de suite avec la piste suivante, « Velvet », aux accents à la fois grunge larmoyants, mais aussi plus poisseux. On y découvre également un duo basse-batterie scandé sur un tempo ralenti, aux limites de l’industriel, qui aurait accompagné à merveille quelque géant vert négatif.

La première écoute nécessite de l’endurance. L’intuition porte à croire que cela part dans tous les sens : « ZYX » et son passage instrumental, la fébrilité du chant de « Jackal », qui s’entrechoque avec l’énervement des mesures suivantes, renforcent cette impression de flou.

Les écoutes suivantes révèlent la volonté d’incorporer beaucoup de sentimentalisme dans cet opus, à la manière dont le fait « Syzygy », avec une instrumentation rétro aux limites de la caricature. Pendant « Window In My Room », le groupe plonge dans un monde électro-acoustique joliment sirupeux. Puis à augmenter l’écoute attentive de ces pistes, dont celle de « Jackal », on finit par craindre que Stoned Jesus ne se perde en expérimentations orchestrales chemin faisant.

Les nuits du groupe sont tout sauf réellement paisibles : chœurs torturés, atmosphères déprimantes… On ne doute pas une seconde que tout cela fera mouche chez les auditeurs accoutumés aux affres du post-rock et de sa galaxie. Cela colle, somme toute, plutôt bien au storytelling des 7 titres de Songs To Moon.

Chacune des pistes porte en elle peu d’espoir. Et l’on enrage lorsque l’outro du dernier titre claque la porte de l’album sans s’excuser. On sort de Songs To Moon comme on sort de la chambre d’un malade : pas vraiment bien, mais soulagé de ne plus y être confronté. Au final, c’est le lieu des proches plus que celui des connaissances. Avis donc aux amateurs du groupe : vous y trouverez très certainement votre compte. Quant aux autres on vous laisse évaluer votre niveau de voyeurisme.

Stoned Jesus prend son indépendance d’expression. Igor se détache du carcan du genre pour libérer pleinement son propos et accompagner le tout de compositions qui ne laisseront aucun auditeur indifférent. Il est clair qu’avec Songs To Moon, le groupe fait ce qui lui plaît et exprime ce qu’il a besoin de sortir. Il purge son humeur la plus noire et donne à entendre une musique au gout amer. Il règne dans cet album une atmosphère d’urgence cathartique qui a de quoi laisser l’auditeur dubitatif.  Attendons cependant le troisième volet de cette série, de crainte d’être trop définitifs quant à notre appréciation de cette œuvre.



Note de Desert-Rock :
   (7/10)

Note des visiteurs :
   (2/10 – 1 vote)

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