Kaleidobolt (+ Glimpse) – 15/10/2026 – Rezé/Nantes (Cold Crash)

Chronique de

Vous le savez, désormais, quand il se passe quelque chose à Nantes, c’est bien souvent du côté de la brasserie Nautile et de sa salle, le Cold Crash, qu’il faut se retourner. Rendons-nous donc ce soir dans ce lieu devenu incontournable pour un arrêt de Kaleidobolt sur le chemin du Desertfest Belgium 2026.

GLIMPSE

C’est tout en chaussettes et en jogging que l’on découvre le bassiste face au batteur. Glimpse ouvre ce soir. Ce duo rennais cache un prog plus synthé que math rock, de bonne qualité. Les compositions, bardées d’effets électroniques et de boucles, sont celles d’un groupe qui prend le temps de bien mettre sa fanbase. Narguant ces temps sombres où « bismillah, c’est les ténèbres » est le mème à la mode, le groupe invite le public à descendre dans la rue samedi pour faire la révolution. Le propos est aussi ancré dans son époque que le rock moderne et sans resucée que le duo délivre.

Batterie qui blaste et saturation de basse ont de quoi ravir les amateurs de son du désert. Il ne manquait plus que les samples d’une voix féminine suave pour finir de convaincre le public, somme toute réduit devant la scène, mais qui ne décroche pas du set. Voilà une entrée en matière qui, si elle est encore un peu trop éloignée de nos amours musicaux, ne nous aura pas laissés indifférents.

KALEIDOBOLT

Leur dernier passage à Nantes nous avait laissés mi-figue, mi-raisin, tant on sait que les Finlandais aiment mettre les bouchées doubles dans leurs sets. Cette fois-là, on les avait retrouvés un poil en dessous de leur niveau d’expertise.

Après une entrée sur scène sur une bande-son country, il semblerait que, cette fois, Kaleidobolt soit rentré en ville sans voir le panneau des 50 km/h. C’est les poings levés et la rage débordant de la gorge que Sampo, le guitariste, monte sur scène, exhortant le maigre public présent à venir s’enjailler. Des hurlements qui ne feront jamais dérailler, durant le set, un chant parfaitement juste et servant à merveille les compositions.

Ce soir, le groupe nous livre, comme autant de brûlots, les titres de Karakuchi. Ça joue fort, ça joue vite et, surtout, ça fait honneur à l’esprit motörheadien de l’artwork de leur dernier opus. D’ailleurs, n’y a-t-il pas quelque chose de Lemmy dans la moustache du bassiste Marco ? On se le demande. On ira même jusqu’à gueuler ironiquement au groupe de jouer moins vite. Non mais oh ! Laissez-nous respirer !

Visiblement, l’idée ne fait pas partie du plan, en témoigne le solo de batterie que vient nous asséner Mårten et qui sèche les trois rangs d’amateurs serrés devant la scène. Molo, Bonzo, et more cowbell !

Difficile de ne pas finir ce set avec la sueur qui coule le long du dos et le sourire aux lèvres. Autant de technicité et de vélocité entre les mains de Kaleidobolt, ça ressemble toujours à une bonne blague. Rien ne semble jamais sérieux et pourtant, il n’y a rien, dans le jeu comme dans l’énergie qu’ils déploient, qui ne le soit pas. Décidément, ce groupe a le don de donner le meilleur en toute décontraction.

Nous avions évoqué, dans la chronique de Karakuchi, que l’album était taillé pour le live. Nous pouvons nous rengorger d’avoir eu raison, surtout quand, pour le rappel, annoncé par un ironique « Ça va jouer vite », arrive le très doom « Duuude », sur lequel on vient se fracasser la nuque. Le concert s’achève sur une reprise de « I Wanna Be Your Dog » des Stooges, laissant le public finir de gueuler tout son saoul sur le refrain.

Une soirée qui n’aura pas trouvé la jauge adéquate, et tant pis pour tous ceux qui auront réservé leurs forces pour le Desertfest Belgium à venir : ce soir, on s’est encore fait rouler dessus par une formation qui ne semble pas vouloir s’assagir. On pourrait se dire qu’il est dommage que Kaleidobolt ne trouve pas totalement sa place dans de plus grandes salles. Mais au fond, ces gars ne sont-ils pas justement là pour une seule et unique raison : le corps à corps !



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