Bongzilla + Atomic Trip – 421 /22 – Nantes (Le Michelet)

Chronique de

 

Très honnêtement l’affiche de ce jeudi avait de quoi ravir les amateurs de doom, de sludge et de Nicolas le Jardinier. Le Michelet qui entame sa dernière ligne droite avant de déposer les armes ne s’en laisse pas conter et avait organisé avec Black Flag Production une petite sauterie avec Atomic Trip et Bongzilla

 

Atomic Trip

Bien que la déception soit réelle de ne trouver aucun jeu de mot tripier dans le nom de Lyonnais d’Atomic Trip, l’envie est grande de se retrouver au cœur de leur usine à riffs. Dès l’entrée de la salle les tenants de billetterie insistent sur le besoin de porter des bouchons d’oreilles, « ça va jouer fort”. Le trio est posé devant un mur d’ampli qui confirme la promesse dès les premiers riffs. Dans cet assemblage comprenant deux gratteux et un batteur, c’est clairement ce dernier qui porte le groupe. Les variations qu’il impose, l’amplification de ses frappes ont un effet dévastateur. Chaque coup de pédale fait avancer la grosse caisse de dix centimètres, à tel point qu’entre chaque morceaux le batteur doit reculer sa machine à blasts.

Atomic Trip

Côté cordes, si l’ensemble est ravageur de puissance il ne manque pas de contrepoints tout en finesse et mélancolie. Leur son accordé six pied sous terre ne fait pas que vivre l’explosion de fin du monde promise, il donne à entrevoir ce qu’il reste après cette dernière, la désolation. Le public qui était déjà convaincu avant même de retrouver Atomic Trip est emporté par chacune des longues compositions du groupe qui test devant nous celles qui constitueront leur prochain album. Vivement que la bête soit sortie!

 

Nous sommes un jour après le 420 mais Bongzilla ne semble pas être du genre à faire cas des dates anniversaires, le trio s’installe et Mike “Muleboy”, qui tient la basse pour la formation après avoir été guitariste à ses débuts, partagent un pipeau à fumée avec Mike “Magma” le batteur. Attendez…mais ce n’est pas…un pipeau…que fait la police? Visiblement elle est restée loin et ce sera très bien ainsi pour que nous puissions profiter des trois américains qui œuvre au milieu d’une scène nue dans une atmosphère de squat en cours de déménagement.

Bongzilla

Pour s’échauffer le groupe ouvre avec quelques riffs de blues tout en finesse, tout du moins jusqu’à ce que Mike prenne le micro et que les premiers accords destructeurs viennent accompagner sa voix sludge passée au papier de verre. La machine s’élance, progressivement elle vient examiner les rangs de l’assemblée massée dans cette petite salle qui affiche complet du haut de sa jauge à 140 personnes. Entre chaque titre qui puisent dans la discographie du monstre vert, les gars se font pasteurs et haranguent la foule pour réclamer ou promouvoir quelque mystérieuse médecine appelée tantôt weed, tantôt pot ou d’autres noms réservés aux initiés.

Bongzilla

Passé cet habituel folklore, il faut saluer que le groupe soit venu comme le précédent avec son batteur qui joue d’astuces et de malice. Chacune des frappes de sa cymbale crash annonçant un nouveau tour plein de dextérité. Pendant ce temps, le bien nommé Jeff Spanky assène des fessées à base de six cordes suivant les préceptes sleepesques qui auront conduit nombre d’entre nous en ces lieux ce soir.

Pour résumer le moment, malgré un dernier album en dessous des attentes du public, Bongzilla arrive toujours à fracasser les crânes et à réduire les cervelles échauffées de son public en bouillie tout en jonglant habilement sur un savoir-faire étonnamment jazzy. Usant de ponts devenus viaducs, de variations habiles et de détachement, les Haschischins font briller leur musique d’une finesse que l’on pourrait rater si l’on n’y prêtait pas attention.

 

Cette soirée pouvait sonner comme une soirée d’adieu de plus au Michelet qui confirme qu’il aura été un des grands lieux de la musique DIY en sachant accueillir en son sein des formations talentueuses en particulier en ce qui concerne le stoner doom. Ouvrez les portes, laissez la fumée monter vers le ciel.



Partager cet article :
Voir toutes les chroniques de :
 
 

  •   English version



On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

Voir plusVoir moins

Voir sur Facebook