Güacho – Vol.II (Historias de Viajeros)

Label : Tomas del Mar Muerto (2014)
Chroniqué par Flaux

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J’ouvre la fenêtre de la portière et un vent chaud s’engouffre dans l’habitacle de cette camionnette qui m’emmène où elle pourra. Parti sur un coup de tête, sans trop savoir pour où, ni pourquoi, je me retrouve à fixer une ligne d’horizon qui ne cesse de reculer à mesure que mon tacot avale les kilomètres brûlant. Un voyage ? Une quête ? Peu importe. Ce que je sais c’est que mon histoire se déroule à la vitesse argentine des compos de Güacho. Des histoires de voyageurs, voilà ce que propose le combo dans son Vol. II, et il les raconte de merveilleuse manière.

Le trio ouvre son second effort par un chœur d’hommes paumés, un blues introductif à la « O’Brother », des souliers usés qui martèlent la route vers une éventuelle rédemption. Cette dernière se trouve être le but ultime de la galette. Et pour se racheter les musiciens de Güacho tissent des riffs aériens et mélancoliques. « Blus para un planeta rojo » n’est pas sans rappeler les bijoux d’écriture que sont les dernières compositions de Dwellers. Le titre sent la poussière mais s’extirpe de la suffocation par une série de riffs limpides et une volonté de pousser quelques simples idées jusqu’à leur quintessence. Soutenu par une basse merveilleuse d’expressivité, ce morceau est un parfait résumé du savoir-faire argentin. Mais le karma nécessite tout de même quelques sacrifices et violences que n’hésite pas à s’infliger le trio. Des titres tels que « El hambre y la sed » ou « El Principio de Caminar » poussent les guitares à donner du gain aux oiseaux de passages que nous sommes. La machine s’emballe, semblant dévier le train de marchandises vers des territoires plus blues-rock, taquinant le Greenleaf par-ci et le Hendrix par là.

Périple et péripéties, chant et contre-chants, la part belle faite aux voix par Güacho est partie prenante du voyage. Le lead singer raconte. De fait, on ne surprend jamais de hurlements, non, la narration est mélancolique, plaintive, elle chevrote de temps à autres, « Ciervo Negro » par exemple. Elle s’émerveille du panorama qui se dessine sous la cohérence de la section rythmique. Il faut accepter cette voix qui conte, cette nonchalance que ne renierait pas les espagnols d’El Columpio Asesino. Les huit titres du Vol.II sont parcourus par un travail de contre-voix, de chœurs, comme autant de personnages croisés, de vies traversées. Fugace mais intime, le travail se dévoile au fur et à mesure des écoutes, dévoilant sa minutie et son importance dans le mix, très bien équilibré par ailleurs.

La quête des argentins ne semble cependant pas vouée à l’échec. On sent le salut au bout du voyage, une envie majeure d’en découdre avec le destin. « A nadie », « El Camino » et « Atardecer Venemo » transpirent l’espoir par des tonalités moins plaintives et mélancoliques que le reste de l’album. Une ouverture d’accords qui permet de respirer, de regarder un peu en l’air, de se prendre une bouffée de liberté qui nous poussera un peu plus loin. Encore.

Voilà, le plein de la camionnette est fait, j’ai acheté une carte routière pour aller je-ne-sais-où, et j’ai des argentins pour m’accompagner. Belle surprise que cet album, et beau trio que ces Güacho. On embarque facilement dans leur univers, marquant le trio à la culotte, curieux de ses pérégrinations et avide de nouvelles histoires. J’vous laisse, j’ai de la route à faire, mais si vous voulez venir, c’est avec plaisir.

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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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