Kadavar – Kids Abandoning Destiny Among Vanity and Ruin

Label : Clouds Hill (2025)
Chroniqué par Sidney Résurrection

C’est avec au cœur un vent de soulagement que nous prenons la plume, l’oreille encore frétillante de l’écoute du dernier Kadavar. Le précédent album nous avait laissés sur une impression de fin d’ère : celle d’un éloignement définitif du groupe de son identité rétro rock, au profit d’autre chose d’encore indéfini. Et, pour notre plus grand bonheur, voici le tout neuf Kids Abandoning Destiny Among Vanity and Ruin (K.A.D.A.V.A.R), un album qui signe le retour aux affaires de nos Allemands préférés, avec une approche qui devrait réconcilier plus d’un déçu des productions berlinoises de ces six dernières années.

Dès la sortie du premier single, « Total Annihilation », le quatuor avait surpris. D’une part, parce que leur précédent opus, I Just Want To Be A Sound, n’avait pas encore soufflé sa première bougie (à vrai dire, il avait à peine six mois). D’autre part, parce que le son de ce titre marquait un véritable retour en grâce du groupe : une pièce rétro rock, agressive et fougueuse, laissant espérer un album digne de ceux de la première heure.

Si l’esprit des débuts plane sur « The Children », dont l’intro évoque brièvement « Bron-Y-Aur Stomp » de Led Zeppelin, et que « Lies » ouvre l’album avec une puissance toute nouvelle, il faut bien admettre que le retour aux sources n’est pas la seule valeur portée par ce disque.

Rien de rédhibitoire, n’allez pas nous faire dire ce qu’on n’a pas dit ! « Heartache » trace une voie du milieu parfaite entre Berlin et I Just Want To Be A Sound, démontrant que le groupe ne se renie pas. Kadavar caresse même les Beatles sur « Explosion In The Sky » et continue d’innover avec « Stick It », qui semble tout droit sorti d’un album pop bigarré et acidulé façon années 90.

Kids Abandoning Destiny Among Vanity and Ruin n’est ni un jouet ni une sucrerie pour enfants : c’est plus ardu que cela. Impossible de réduire cet album à un archétype, autant qu’il est impossible d’enfermer le groupe dans une case. Du lumineux « You Me Apocalypse » et ses patterns de batterie entraînants sur fond de chant gorgé de reverb, à l’intro plus inquiétante du titre « K.A.D.A.V.A.R », qui exploite des sons numériques distordus et inhabituels, il y a à prendre et à laisser. Mais nul doute que « K.A.D.A.V.A.R » vous fera headbanger et épeler le nom du groupe à tue-tête, comme s’il fallait consacrer ce dernier une fois pour toutes.

Pour vous repérer dans ce disque, deux écoles s’affrontent. Ceux qui veulent relier les albums Kadavar à Kids Abandoning Destiny Among Vanity and Ruin en deux titres choisiront « Lies » et « K.A.D.A.V.A.R » : acidité du chant, entrain de la basse, mélodies rétro acides et agressives, tout y est. Ceux qui ont découvert le groupe avec I Just Want To Be A Sound trouveront leur réconfort dans « Explosion In The Sky » et « Stick It », deux morceaux atypiques mais d’une belle inventivité.

En à peine plus de six mois, Kadavar prouve qu’il a de l’imagination à revendre. Comme Simon “Dragon” nous le confiait à la sortie d’un set : le groupe refuse de s’inscrire dans un schéma établi, quitte à dérouter ses plus fidèles auditeurs, dont nous sommes.

Kids Abandoning Destiny Among Vanity and Ruin , vous l’aurez compris, nous a convaincus et soulagés : heureux de pouvoir à nouveau vous écrire sur Kadavar avec passion. Certes, on ne se retrouve pas tout à fait en terrain connu, mais c’est justement ce qu’on attend d’un groupe qui a tant roulé sa bosse : qu’il se réinvente et nous surprenne à chaque sortie. Une attente que Kadavar comble encore une fois avec brio.

Kadavar, K.A.D.A.V.A.R !

 



Note de Desert-Rock :
   (8/10)

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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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