Lucifer – III

Label : Century media records (2020)
Chroniqué par Letthereberock51

Vous l’avez sans doute déjà remarqué dans votre entourage : dites à vos proches que vous écoutez du rock et vous serez, suivant le genre que vous écoutez, un barbu hirsute gavé de bière qui passe son temps à glander (stoner), un hippie sur le retour qui ne pense qu’à s’envoyer des pétards (psych) ou, et c’est sans doute le plus mal vu de tous les genres, un dangereux égorgeur de chats buveur de sang (doom). Bon, j’exagère à peine (quoique ma vénérable grand-mère vous dira le contraire…) mais le petit microcosme du stoner regorge de personnes adorables, serviables et, la plupart du temps, sacrément calées en histoire du rock. Alors, fatalement, quand vous vous mettez à écouter le dernier bébé d’un groupe dénommé Lucifer, les fanatiques de Christine Boutin montent sur leurs grands chevaux pour répandre la bonne parole évangélique et hurlent à qui veut l’entendre (oui, d’ailleurs, qui sont ces gens qui veulent l’entendre ? Au bûcher!) que le rock n’est que dépravation, satanisme, croix retournées et ôde au Malin.

A ces ayatollahs du bon goût qui bouffent du pain sec et picolent de la Villageoise tous les dimanches matin lors de leurs réunions païennes (interdites depuis le Coronamachin, il faut bien des points positifs au confinement), nous conseillons l’écoute du troisième album de Lucifer, justement et fort logiquement dénommé III. Ici, malgré le patronyme du groupe fondé en 2014, point de violence, pas une goutte de sang et encore moins d’appel à retourner les cimetières. En effet, malgré des chansons prénommées « Ghosts », « Midnight phantom », « Leather demon » ou « Cemetery eyes », on a plus droit à un tour de manège façon manoir hanté chez Disney qu’à un incendie d’église du côté de la Norvège. Et ce n’est aucunement une critique, bien au contraire : c’est mélodique, fort bien achalandé côté guitares et la voix de la délicieuse Johanna Sardonis surmonte le tout avec grâce et délicatesse.

Si vous aimez le doom pur et dur, il est évident que l’écoute de Lucifer vous laissera dubitatif (ce qui ne signifie pas « mon chibre à des poils », soyons clairs) mais pour ceux qui aiment le bon rock à l’ancienne avec juste assez de clair-obscur, cet album saura contenter vos cages à miel. Et puis, si vous voulez pousser le vice, la maison vous recommande de vous pencher sur l’album « Destroys minds & reaps souls » de Coven pour vous rendre compte que, déjà en 1969, une sublime demoiselle du nom de Jinx Dawson donnait dans la magie noire et les rites vaudous. 50 ans plus tard, Lucifer en est le digne héritier…



Note de Desert-Rock :
   (7/10)

Note des visiteurs :
   (0/10 – 0 vote)

(Pour donner votre note, cliquez sur le nombre de cactus voulus)


Partager cet article :
Voir toutes les chroniques de :
 
 

  •   English version



On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

Voir plusVoir moins

Voir sur Facebook