The Well – …And Flames Ran Like Living Animals

Label : Spaceflight Records (2026)
Chroniqué par Sidney Résurrection

Les Texans de The Well nous délivrent une expérience satellite au doom depuis 2012. Le groupe a ingéré et s’est approprié le meilleur du riff doom sans jamais tomber dans la caricature, grâce à des compositions en marge du genre, originales et convaincantes. Livrant une plaque tous les 2-3 ans en début de carrière, le trio s’était éclipsé depuis 2019, laissant un vide certain dans nos cœurs. Heureusement, le revoici avec un rondelet album de 9 pistes : …And Flames Ran Like Living Animals. Soit 9 promesses d’originalité pour un objet qui pourrait ne ressembler à aucun autre.

Les premiers mots qui viennent à l’esprit à l’écoute de ce nouvel album sont lourds et mélodieux. The Well étend ses frontières stylistiques pour créer quelque chose qui lui est propre, avec son duo de voix mi-canaille, mi-animale. Les officiants Ian Graham et Lisa Alley donnent à l’ensemble un aspect d’une sensualité troublante, quasi malsaine, très palpable sur la grave « Love Cult (Xmas) ».

Cette production sensuelle est également tellurique, comme en témoignent « Season Of The Flame » ou  « Between The Bodies » et leur duo rythmique qui poutre l’auditeur sans répit jusqu’au final « Other Girls » qui, bien qu’offrant une note plus sensible et profonde, ne se départit pas de l’onde de choc des basses de Lisa et des vibrations des fûts de Jason Sullivan.

…And Flames Ran Like Living Animals, c’est également la démonstration de la capacité du groupe à mettre en scène sa musique, passant de la puissance de la guitare saturée à des passages adoucis des plus catchy, en particulier quand le passage s’accompagne de samples de discours comme sur « Love Look This Way ». Ces passages, cependant, ne durent jamais plus que ce qu’il faut, comptant sur un mid-tempo de transition pour revenir à la saturation avant de déboucher sur des pistes à nouveau lourdes et aussi doom qu’un « Mystery Babylon », sans doute la plus classique de l’album.

Au titre des exceptions, on s’arrêtera sur l’intrigante et orientale  « Dillinger’s Requiem » qui explore l’exotisme des sonorités du oud et de la darbouka avec, pour seule composante de chant, celui d’Ian. Preuve s’il en était que le gonze n’excelle pas que pour la composition de mélodies ravageuses.

The Well  s’échine à toujours proposer une musique viscérale et fédératrice. …And Flames Ran Like Living Animals n’y fait pas exception. Certes, d’un album à l’autre, l’attente est longue, pour ne pas dire insoutenable, mais quand la qualité est là à chaque production, on ne peut que s’incliner devant la maestria du groupe.

 



Note de Desert-Rock :
   (8,5/10)

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