Revoici venu le temps de la Toussaint, de ses enfants quémandant des bonbons et vantant la farce, la saison des chrysanthèmes à Mamie et des premiers frimas… Peuh, non ! Revoici le week-end du Westill, le festival français qui fait loucher les amateurs de Desertfest..
Encore une fois, l’organisation s’est dépassée pour proposer un plateau aux petits oignons et nous permettre de venir jouir une fois de plus de ses bienfaits durant deux denses journées.
CADUTA MASSI

On vous avait parlé du groupe il y a peu de temps, au détour d’une soirée en club. Cette fois-ci, c’est pour de bon : le trio se la joue comme des grands. Un set qui démarre bluesy et burné, peine presque à s’essouffler sur ses passages les plus doom, avant de convaincre la moitié de la salle, encore clairsemée à cette heure, que leur stoner aux patterns bien sentis est à suivre dans les années à venir. Continuez messieurs, poursuivez !
DUEL

À peine le temps de souffler et l’on ira s’étonner de voir les Texans de Duel si bas dans une affiche qui fait pourtant la part belle à ce cœur de cible. Malgré un son écrasé, le public saura se montrer réceptif dès lors que Tom Frank l’interpelle.
La prestation est compacte et Duel met le pied au plancher, piochant dans toute sa discographie, de « Wave of Your Hand » à l’indétrônable « Fear of the Dead », qui clôture le set, en passant par « Pyro ». Même si l’on ne peut pas parler d’osmose avec le public, les esprits s’échauffent généreusement dans la fosse. En témoignent les cris qui fusent jusqu’au fond d’une salle commençant à se remplir sérieusement pour la suite du festival.
SKRAECKOEDLAN
On revient à des choses plus “confidentielles” avec les Suédois de Skraeckoedlan, qui avaient déjà tâté du public il y a quelques semaines au Desertfest de Liège. Le quatuor s’appuie sur une section rythmique rigoureuse et offre un stoner de bonne facture aux oreilles d’une fosse d’où émergent quelques fans bien au fait de leur œuvre.
Passé la pieuvre-doudou posée sur un retour et leur élégant backdrop à la thématique interstellaire, il faut bien admettre que, côté chant, on n’est sans doute pas dans leurs meilleurs jours. Cependant, à l’aide de quelques artifices préenregistrés, le groupe s’en sort honorablement, gonflant les voiles du public d’un souffle épique sur la fin du set.
LONG DISTANCE CALLING
Même si le groupe de post-metal est relativement éloigné de nos préoccupations habituelles, autant vous le dire : on a senti que le festival démarrait réellement à ce moment-là. Une absence quasi totale de matériel d’amplification qui ne nuit en rien à la puissance du son et une lumière bleue du début à la fin du set auraient pu laisser craindre que tout cela soit un poil inadapté. Que nenni ! C’est avec une unité visible et une malice certaine que ces zélateurs d’Isis envoient le public sur orbite.
Certes, l’arrière de la fosse est bavard et dissipé, mais cela sera insuffisant pour empêcher le groupe de ressortir visiblement ravi de l’expérience, tout comme la première moitié de la fosse, qui ne se sent plus de contentement.
LOWRIDER
Les dents dans la scène, les premiers fans s’accrochent à Lowrider bien avant le début du set de ce groupe plutôt rare. Le reste de la troupe des festivaliers arrive rapidement derrière, alors que résonnent les premières notes de « Sernanders Krog ».
La foule réagit fort sur une bonne partie des titres issus de Refraction, de « Ode to Ganymede » à « Ol’ Mule Pete », sans oublier « Pipe Rider », qui vient fermer le set. La foule headbangue comme un seul homme, y compris sur « Caldera », issu du split avec Elephant Tree.
Côté présence scénique, le groupe est assez égal à lui-même : entendez par là statique et bavard entre les morceaux. Sans prendre un coup de pied au cul, on appréciera la grande maîtrise instrumentale, rythmique et vocale de ces patrons de la scène, qui bénéficient, eux, d’un set light aux petits oignons.
KADAVAR
En parlant de patrons, il est l’heure de faire monter Kadavar sur scène. En coulisses, le groupe subit la pression du retard accumulé tout au long de la soirée. C’est sans chichi, néanmoins, que le quatuor allemand s’annonce : « We are Kadavar from Berlin ». Était-il nécessaire de le préciser ? Oui : la marque des grands passe souvent par l’humilité.
En quelques secondes, le groupe transforme la salle en une véritable asphalte humaine sur laquelle il va rouler sans vergogne. Avec notamment « All Our Thoughts » ou « Die Baby Die », le groupe ne pouvait évidemment pas faire l’impasse sur quelques incontournables (Existe t il un seul titre dispensable dans sa discographie?). Puis « Doomsday Machine » et « Living In Your Head » forment un douze-tonnes lancé à pleine vitesse. Dans les premiers rangs, l’absence de voix, qui paraît-il était pourtant très bien perçue depuis le fond de la salle, est compensée par des fans chantant à gorge déployée.
Sans surprise, Simon impose sa basse comme instrument phare du groupe, sur une batterie toujours aussi riche. On sent également que Jascha prend toute sa place grâce à un partage des morceaux avec Christoph, entre deux désormais très nécessaires interventions au synthé remarquable notament sur « Into The Night ». Au-delà des paroles, le public chante également les mélodies et se laisse hypnotiser par une jam session aux frontières du jazz sur « Purple Sage » puis en toute fin de set sur « Come Back Life » et l’inévitable reprise de « Helter Skelter »
STONED JESUS
Le groupe d’Igor se trouve, pour cette tournée, amputé de son bassiste, qui a souhaité déclarer forfait afin de mieux soigner sa dépression. On le comprend et nous lui souhaitons un prompt rétablissement.
Dès les premières minutes, « Shadowland » remplit la salle. Ce n’est pas une surprise tant le groupe, on le sait désormais, est en pleine hype. C’est pourtant un set curieux qui se joue ce soir. Un batteur qui accélère et décélère au gré de son bon vouloir sur « Low ». Pourtant, Igor semble fermer les yeux sur ce vent de révolte, se donnant à fond sur « Hands Resist Him » et visiblement fort heureux d’être là.
Le mec tient le public dans sa main, malgré une voix qui montre quelques failles, jusqu’à l’hyper attendu « I’m the Mountain » qui, avec quelques piments dans le cul, débouchera sur « See You on the Road », comme un appel à venir les voir sur les prochaines dates de la tournée.
Notre grand âge l’imposant, c’est bien vite, dès la fin du set, que nous partons contempler l’intérieur de nos paupières, histoire d’être d’attaque pour une seconde journée qui s’annonce riche.













