Wormsand – You, The King

Label : Mrs Red Sound (2024)
Chroniqué par kara

 

On avait laissé Wormsand sur leur excellent premier album Shapeless Mass ! Profitant à fond de la période post Covid, le trio mentonnais a enfin pu tourner à fond en France mais aussi en Europe, assurant notamment les premières parties de Mars Red Sky ou Dopethrone et en se produisant dans des festivals comme les Volcano Sessions. 3 ans après, il est temps pour le ver de sable de ressortir des tréfonds d’Arrakis pour nous engloutir avec leur deuxième album You, The King.

Il suffit de quelques secondes sur “Daydream”, titre d’ouverture de l’album, pour prendre une première baffe sonore. Wormsand attaque avec un morceau puissant, efficace, qui casse sa rythmique pour nous emmener dans des mélodies plus mélancoliques et teintées de rock 90’s, et survolé par l’envoutant chant clair de Clément. Le ton est donné, le trio est toujours plein de cette colère sombre, désespérée, qui ne s’efface que pour faire apparaître des sentiments de mélancolie, fatalité et parfois, aux alentours d’une mélodie ou d’un chant plus fragile, d’un peu de lumière. 

Cependant, on peut aussi rapidement remarquer que les chemins empruntés par Wormsand diffèrent de ceux du premier album ou même de leur EP éponyme. Déjà côté chant, l’association chant clair / chant guttural (un des atouts phares du groupe) est nettement moins marquée avec une présence beaucoup plus forte du premier. Choix payant puisque la voix de Clément rend chaque refrain entêtant (“Daydream”, “Black Heaven”) et équilibre plus les émotions de l’album. Attention cependant à ne pas oublier les explosions gutturales de Clément et Tom qui peuvent faire chavirer n’importe quel morceau dans les abysses (“Digging Deep”, mais surtout “Drown” et son final fracassant) ! 

Musicalement ensuite, le groupe laisse plus d’espaces à ses riffs de pachydermes et accentue son côté mélodie quitte même à insérer des solos de guitares sur certains titres. Outre “The Crown”, un doux (mais toujours inquiétant) interlude qui fait écho à l’outro de “You, The King”, ce penchant plus mélodique se ressent particulièrement avec le morceau “The Final Dive” où seules les notes de guitares malsaines en milieu de morceau viennent rappeler la menace qui peut surgir à tout moment. 

Mais alors où est la puissance et le fracas dont on parlait sur “Daydream” ?! On nous aurait menti ?! Eh bien non car ce You, The King est un album malin. Si les breaks vicieux sont moins présents, les riffs sont garantis triples épaisseurs et viennent vous hanter jusqu’à être fredonnés dans l’ascenseur. Si le chant guttural est moins présent, il vient vous submerger à chaque apparition (ce cri sur “To Die Alone”). Et s’il vous manque un peu de violence, écoutez un peu Tom qui s’applique à nous enfoncer un peu plus dans le sol à chaque coup de cymbales et dont le jeu subtil permet fait constamment le lien entre la fureur brute et la technicité de l’ensemble ! 

Vous l’aurez compris, You, The King est un album aussi déroutant que réussi. Sans chercher à se révolutionner, Wormsand apporte ici des évolutions intelligentes à sa base stoner tranchant / sludge obscur un poil psyché. Techniquement le groupe maîtrise son sujet sans se perdre dans des complexités stériles et le cocktail d’émotions est toujours aussi savoureux, surtout avec cette thématique du roi en déclin qui fait écho à tout un univers SF/fantasy dont le groupe est friand. Un seul conseil donc, foncez vers cet album et si vous n’en avez pas encore eu l’occasion, foncez voir Wormsand en concert pour vous imprégner encore plus par leur musique (ou prendre une bûche de ramonage en pleine face) !

 


 



Note de Desert-Rock :
   (8,5/10)

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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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