Comme chaque début d’année, c’est l’heure pour la rédaction de Desert-Rock de vous proposer sa sélection des meilleurs albums de l’année passée ! 2024 était une année d’exception, dont on se souviendra longtemps. 2025 a proposé son lot de perles, en laissant un peu plus de chances à des dizaines d’autres albums de ne pas se faire “écraser” par le raz de marée de sorties rencontré l’année précédente…
Ce classement est la synthèse de l’ensemble des avis de l’équipe, reflétant la variété des genres que vous êtes habitués à retrouver chez nous (cliquez sur chacun pour lire la chronique détaillée du disque publiée sur le site à sa sortie) :
L’addition de 2 des formations les plus populaires de la francophonie se retrouve sur la première place du podium et ce n’est pas l’esprit cocardier français ou le chauvinisme helvétique qui a généré ce résultat attendu par certains. Ce qui a propulsé cette production en pole c’est le résultat époustouflant de contributions d’artisans du terroir au service d’une oeuvre unique transportant l’auditeur de bout en bout en enchaînant des séquences douces et synthétiques sur lesquelles les vocaux éthérés sont posés avec des plans de bûcherons efficaces menés par une double section rythmique magique. Monkey3 + Mars Red Sky = album de l’année qui mériterait amplement une suite.
Des adieux, ça se fait avec classe! Pour tirer sa révérence, Stonebirds s’offre ni plus ni moins qu’une place sur le podium de notre top 2025. Perpetual Wasteland est un album froid et poignant, catharsis nécessaire dans une époque peu encline à la légèreté. S’il déroute parfois le stonehead borné par ses incursions plus sombres, il mérite les hommages à défaut d’avoir obtenu les Foudres du métal. Un groupe que l’on pleure déjà, et que l’on se devait d’acclamer une dernière fois, avec force.
La formation pionnière de Borlänge entretient une rareté certaine depuis une quinzaine d’années en ne se produisant que très/trop rarement, ce qui n’était pas le cas à ses débuts quant le quatuor était en heavy rotation sur nos scènes et nos platines. Le stoner ne connaissait pas l’engouement actuel et c’est sur les structures parallèles que sortaient une palanquée de productions (sur des labels ayant depuis rejoint le rang de mythes). Cette sortie incontournable, mais pas au rayon frais, est une compilation de morceaux de choix sortis sous les radars dans l’underground, qui ont été sélectionnés par le groupe.
L’album le plus sombre et le plus lourd de l’année est probablement l’oeuvre de ce trop rare trio U.S., qui, avec ce Observance, propose vraisemblablement aussi son meilleur disque. Dans les confins du sludge le plus lourd et du doom le plus pessimiste, ce disque massif et quasiment hermétique délivre ses trésors avec retenue : difficile à pénétrer, Observance se mérite, mais quel disque !
Après presque vingt ans de carrière, la formation de Jon Davis connaît son affaire, et leur dernier album en est l’éloquente illustration : les doomsters anglais jouent sur leurs acquis, capitalisent sur leurs forces pour pondre une poignée de titres parmi les plus efficaces de leur discographie, rien moins ! Certes, la galette propose aussi quelques passages moins réussis, mais on retiendra surtout les nouvelles cartouches qui viennent déjà enrichir des set lists live dévastatrices.
S’il est prévisible dans son “débit” (un album tous les deux ans en gros), le duo allemand/étasunien propose à chaque fois une approche différente. Après un album travaillé, dense et aux compos parfois alambiquées, ils décident cette fois de se recentrer sur des basiques, avec un esprit résolument punk : des titres courts, basiques, des riffs percutants, et au final un album rempli de hits de sludge metal énervé qui peuvent tous trouver une place de choix dans les prestations live du combo. Efficacité.
On attendait beaucoup de ce nouvel album de la très rare formation finnoise et… on n’a pas été déçus ! Parfaite synthèse de leur puissant début de carrière, travail du son remarquable, inspiration sans faille… Absolutely Launched est impeccable de bout en bout. Toujours aussi puissant, le stoner-sludge-metal de DDJ fait mouche, et montre l’image d’un groupe vivant, en action, inspiré… que l’on espère voir vite sur scène.
Le trio suédois est le seul “nouveau” groupe de ce classement, véritable découverte dans un paysage musical bien saturé de formations plus anciennes. Leur premier album est un bijou de compositions stoner-psych-grunge-rock ambitieuses, subtiles et efficaces, qui rendent le disque addictif. Avec un second album en préparation, nos attentes sont au taquet ! La révélation de l’année 2025 ?…
On les croyait perdus pour notre cause, mais Kadavar signe l’album soulagement de l’année. Second opus livré entre deux shows par les infatigables Berlinois, Kids Abandoning Destiny Among Vanity and Ruin marque un retour aux sources assumé, sans renier leurs envies récentes. Un véritable retour en grâce qui leur ouvre encore une fois les portes de notre top de l’année. K.A.D.A.V.A.R. !
Le duo de doom U.S. a sorti cette année probablement son meilleur disque, résolument le plus abouti. Surfant sur le petit boost de renommée dont bénéficie Amy (avec Slower notamment), leur 3ème album vient démontrer la qualité d’écriture du binôme, à travers un disque parfaitement produit, rempli de compos où se mèlent doom, grunge, quelques vapeurs post-rock/noise, le tout dans une belle harmonie, et surtout une maîtrise remarquable. Malheureusement, l’incorporation d’Amy au sein d’AmenRa (!) est venue freiner la dynamique du groupe, décidément un peu maudit en terme de développement de carrière…
Au delà de la liste ci-dessus, d’autres superbes albums ont bien fait chauffer nos platines et se retrouvent au pied du classement mais méritent une mention, notamment Kal-El, 10Slip, Lo-Pan, Slomatics, Warlung, 16, Crystal Spiders, Ridge,... et plein d’autres !
Souhaitons-nous un 2026 au moins aussi intéressant musicalement – le reste, c’est du bonus !
2 commentaires
Filipo (24 janvier 2026 à 12 h 29 min)
Oui toute petite année…
Seulement un top 10 en 2025 !
Hellfest Open Air Festival 2019 avec sous la Valley :
Fu Manchu, Uncle Acid and the deadbeats, Graveyard, The Obsessed , Cult of Luna, envy , All Them Witches, MY SLEEPING KARMA, MANTAR, The Ocean , Philip H. Anselmo & the Illegals, Yob, Radio Moscow, Conan, Valley of the Sun, The Necromancers, SUMAC, Cave In, Will Haven, Fiend, Coilguns, Emma Ruth Rundle, MESSA, GOLD, DDENT.
… et 2 groupes qui seront annoncés plus tard !
Dans les jours qui vont suivre, Garmonbozia va frapper la France avec plein de soirées qui s’annoncent déjà mémorables. Si la plupart auront lieu à Paris, les autres villes auront elles aussi droit à leur dose de décibels.
La première tournée rassemblera les guerriers en slip et hache de Conan, les allemands de Downfall Of Gaia prêts à nous retourner l’estomac avec leur post-sludge atmo, les moins prises de têtes mais supra-groovy High Fighter, et Hark.
Enfin, le duo déchainé que chacun doit avoir vu au moins une fois dans sa vie en live sinon il a raté sa vie, Mantar, et Deathrite, groupe allemand de death/grindcore.
C’est un peu devenu la rengaine de répéter chaque année “ouh la la, qu’il fut difficile de choisir les 15 lauréats de l’année”… Ben purtant c’est vrai, en fait. Pour tout dire, autant Mantar a quasiment fait l’unanimité au sein de notre rédaction en 2016, autant les suivants du classement sont pour la plupart dans un mouchoir de poche. Signe d’une année où les albums de haut niveau se sont enchaînés, sans qu’aucun groupe n’ait “écrasé la concurrence” comme ce fut le cas certaines années précédentes.
Mais foin de bla-bla, voici donc le TOP 15 (oui, 15, car 10 c’était trop juste…) :
La structure bicéphale du nord de l’Allemagne explose nos attentes avec cette seconde production dévastatrice, qui mixe des styles plutôt underground (doom, crust, stoner, metal, etc.). Bénéficiant désormais du support d’un major et omniprésent sur scène depuis ses récents débuts, Mantar n’avait pas besoin d’atteindre l’âge de la maturité pour s’imposer comme fer de lance du côté obscur de notre univers avec la quintessence de violence qu’est Ode To The Flame.
Still They Pray mélange des morceaux plongeant dans un calme en apesanteur et d’autres bien plus plombants qui nous font rapidement redescendre sur Terre par leur violence et leur noirceur. Un album entre le morbide et le sublime.
Ecouter Zorya est la garantie de partir pour un voyage onirique aux ambiances multiples, où l’auditeur n’a jamais le temps de se reposer. Zorya frappe fort et par la même occasion, fait rentrer Sunnata dans la cour des grands.
Les Bordelais développent album après album leur son si personnel et envoûtant. Par étonnant de retrouver le fer de lance de la scène française dans ce classement tant Apex III place la barre encore très haut.
Les parrains du desert rock n’ont rien perdu de leur talent et de leur inspiration. Ils sortent un album dans la continuité de leur production (comprendre : barré et original), ne jouent pas la facilité, et ce faisant, confortent leur place “à part”. Après plus de vingt ans de carrière, et en injectant toujours un peu de sang neuf, le groupe est toujours pertinent. Un très grand Fatso Jetson.
L’un des groupes français les plus intéressants et les plus rares (sur scène et sur album) transforme son essai avec un second album toujours hybride, sur le fil entre jam et compos. En jouant sur ses points forts, Domadora livre un disque sincère et attachant.
Élan de fraîcheur pour un groupe qui avait déjà beaucoup apporté en terme d’originalité, Witchcraft a su continuer à se surpasser en dépassant de nouvelles frontières musicales : lourdeur simple et efficace mêlée à des mélodies et des arrangements décapants. Un album vivant et intelligent.
L’album des franco-américains est d’une telle richesse musicale et d’une telle rigueur rythmique qu’il est normal de le retrouver dans le top de cette année. Se priver de leur orientale mentalisante musique serait une erreur.
Creusant un peu plus le sillon d’un heavy/doom épique, Inter Arma nous offre avec Paradise Gallows un voyage aussi sublime que terrifiant le long d’un fleuve de tourments.
Excellente surprise venue du label Heavy Psych Sounds, Duel reprend le flambeau là ou Thin Lizzy l’avait l’abandonné. Guitares galopantes, tubes à gogo, groove délicieux, le feel good album par définition.
Les patrons du gras game. Six albums déjà où la qualité ne décroît jamais. Du riffing monstrueux soutenu par un son de porco-rosso, on est typiquement dans de la boucherie de qualité, de celle qu’on aime à recommander à ses amis amateurs de charcutaille.
Désormais plus qu’installé dans le paysage, les Suédois prouvent qu’il est encore possible en 2016 de publier un album de pur stoner rock en étant pertinent et inspiré. Bravo.
En seulement trois albums, 1000mods est devenu un groupe incontournable et nous offre un bijou musical qui rime avec authenticité et originalité pure. De la grosse lourdeur qui vous prend aux tripes et une musique qui flirte avec les racines du rock 70’ tout en la transposant dans notre nouveau siècle ; un album qui tend à devenir culte.
En poursuivant leur quête de la sainte mélodie, les suisses jouent l’accalmie mais restent, encore et probablement pour toujours, capables d’enchanter sur quelques notes de leur space rock astral et planant. Bon voyage.
Débordant de créativité et d’énergie, le quatuor parisien matérialise sur son second disque ce qui fonctionne si bien pour leurs prestations scéniques. Effort d’autant plus remarquable que les compos, complètement barrées, ne manquent pas de maturité. Le meilleur des deux mondes, en quelque sorte.
Pour tout dire, l’an dernier 60 albums avaient été cités par nos chroniqueurs, et cette année c’est 100 albums au total qui ont retenu leurs votes ! Aux portes du classement (dit autrement : “il s’en est fallu de très peu”…), des albums de grande classe qui méritent eux aussi d’être entendus : Gozu “Revival”, Svvamp “Svvamp”, Los Disidentes Del Sucio Motel “Human Collapse”, Causa Sui “Return to Sky”, King Buffalo “Orion”, The Texas Chainsaw Dust Lovers “Me And The Devil”, Salem’s Pot “Pronounce This”, Khemmis “Hunted”, Black Rainbows “Stellar Prophecy”, Elephant Tree “Elephant Tree”, The Lumberjack Feedback “Blackened Visions”, etc…
Exclu Vidéo : MANTAR au Hellfest 2016 fait partie de ces groupes qui ont fait l’unanimité cette année : un petit aperçu de la puissance live du duo, avec ce classique “Cult Witness”.
On vous a déjà fait part des premières annonces de groupes qui viendront martyriser les tympans sensibles lors des prochains DOOMED GATHERINGS (les 14, 15 et 16 mai à Paris), à savoir TONER LOW (un concert par jour, où ils joueront chacun de leurs albums en intégralité), DEMONIC DEATH JUDGE, EGYPT et BATHSHEBA.
Cette semaine, de nouveaux noms ont été ajoutés à la liste :
MONOLORD qui peut à peu se positionnent en nouvelle référence du doom
MANTAR le furieux duo allemand qui a déjà mis d’accord à peu près tous ceux qui les ont vus sur une scène
les doom metalleux anglais de HANG THE BASTARD
les parisiens de CHAOS E.T. SEXUAL, qui proposent une sorte de doom “hybride” qui devrait faire parler de lui
Et il reste encore 12 groupes à annoncer qui vont venir compléter cette liste déja bien excitante !
Les billets “early birds” se sont évidemment arrachés, il n’y en a plus, mais il reste des pass 3 jours, 55€ (dispos ici : weezevent.com/doomed-gatherings). Ca fait 2.75€ par groupe, et oui.
Oui toute petite année…
Seulement un top 10 en 2025 !
Bref, une petite année doom/Stoner.