Ahab – The Coral Tombs


Il aura fallu 7 ans pour voir les allemands d’Ahab reprendre la mer et nous livrer le successeur de The Boats of The Glen Carrig. Maître incontesté du “Nautik Doom”, Ahab a pris le temps de façonner son cinquième album The Coral Tombs en s’enfonçant dans de profonds abysses. Car si le groupe s’appuyait sur des récits de Melville (Moby Dick) ou de William Hope Hodgson (The Boats of The Glen Carrig) pour nous transporter dans l’enfer des océans et dans la survie horrifiques de naufragés, il vient avec The Coral Tombs puiser dans l’oeuvre de Jules Vernes 20 000 lieues sous les mers ! En guise d’appât, “Prof. Arronax’ descent into the vast oceans” annonçait d’ailleurs un album bien plus sombre, violent, avec un chant grind que l’on n’avait plus entendu depuis leur second opus The Divinity of Oceans.

Ouvrant The Coral Tombs, “Prof. Arronax’ Descent Into the Vast Ocean” fait l’effet d’une chute d’un bateau en pleine tempête dans une mer glacée. Encore glacé par le chant que l’on est submergé par la fureur de la batterie et la puissance de la basse. Une entrée dans l’album par la violence pure qui s’estompe rapidement dès que l’on entame notre descente vers les profondeurs. Ahab brille alors par leur capacité à nous faire ressentir l’immensité immuable de l’océan et nous montre au loin des créatures gigantesques se mouvant avec lenteur. “Colossus of the Liquid Graves” et “Mobilis in Mobili” nous confrontent à ces monstres tentaculaires qui, visiblement mécontents d’être dérangés par de si petits êtres, cherchent à nous précipiter dans les abysses. Les riffs sont épais, le chant est tout aussi gras, et chaque ligne de basse vient résonner dans nos scaphandres… même la batterie souhaite notre perte ! Les notes aiguës sur “Mobilis in Mobili” laissent même penser que notre vaisseau sous-marin n’est pas loin de craquer …

La seconde partie de l’album se veut plus contemplative tout en continuant de nous imprégner de ce sentiment de menace permanente, la folie grandissante de l’équipage n’aidant pas… “The Sea as a Desert” image parfaitement cette face plus posée de l’album en nous projetant devant d’immenses paysages abandonnés voire dévastés par l’Homme. “A Coral Tomb”  prend le temps d’explorer un univers composé de structures sans âge. Le chant devient ici majoritairement clair, et diffuse une mélancolie collant parfaitement avec la lenteur de ces morceaux. D’ailleurs on se perd devant une telle lenteur… la notion de temps disparaît petit à petit… c’est quel morceau déjà ? Ah il n’a duré que 12 minutes ?! L’album se clôture comme il a débuté dans la tourmente et la puissance, avec un solo de guitare bouclant avec celui du premier morceau, nous faisant définitivement sombrer dans les abîmes.

Difficile de remonter à la surface après l’écoute de The Coral Tomb. L’album retranscrit assez étonnamment cette perte de repère et de notion de temps que l’on peut avoir sous l’eau et nous happe dès les premières notes dans son univers sous-marin touchant au lovecraftien, notamment sur l’intro bouillonnante et les riffs de “Mobilis in Mobili”. L’apport du chant (très) guttural est une réussite et, en plus d’appuyer ce côté monstre innommable, donne envie de se replonger dans les premiers albums du groupe. L’attente aura été longue pour voir ce nouvel album d’Ahab mais c’est une grande réussite ! Allez remettons la combinaison, il reste des choses à découvrir dans cet océan !

 


Note de Desert-Rock
   (8,5/10)

Note des visiteurs
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