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Black Pyramid – Black Pyramid

Thib’ ne s’était pas trompé à l’époque de la rédaction de la critique du 7 éponyme de Black Pyramid: un label burné sortant le premier disque d’un groupe encore plus burné.
Je ne vais pas y aller par quatre chemin pour mon retour dans ces colonnes. Ce disque est une tuerie surpuissante et ceux qui avaient apprécié la démo et donc le premier vinyle du trio vont adorer, car la quasi intégralité des titres présents se retrouvent ici en guise de salve d’ouverture, excepté le magique et poétique morceau Caravan (qui en rappelle un autre du même nom de qui vous savez, oui oui). Les grincheux dire « ouiii… c’est nul de faire figurer une énième fois ces titres aussi excellent soient-ils sur ce disque », Oui mais non! On s’en fout ! Au moins on sait qu’ils butent et on peut tout écouter d’une traite sans être obligé de se lever et de changer de support, surtout pour les allergiques au vinyl (faut le faire à l’heure actuelle, tout nous y pousse et Jelle d’Electric Earth ne fait pas les choses à moitié, ses sorties LP sont succulentes de professionnalisme). Bref, les rabats-joies, vous savez quel doigt de main j’adresse à votre intention, sinon, un dessin est plus explicite parfois que les mots: nlm… (pardon)

Pour en revenir à nos moutons, on retrouve avec joie les composantes du son et de l’énergie Black Pyramid: gros son sabbathien, riffs du même tonneau: mid-tempo, basiques, headbangatoires et grosse voix qui oscille entre le nasillard et l’éraillement façon Matt Pike. On repense donc sans soucis à High on Fire ou surtout Sleep (toujours). Après la première partie en ouverture qui débute sur les chapeaux de roues (la nuque va en prendre un coup, soyez prévenus) on est surpris par l’ajustement des morceaux, le trio s’étant amusé à se prendre pour le Sabb’, glissant entre deux cavalcades heavyheavy et riffue des interludes aussi mystérieux que sombres ou embrumés.rumés. Le dernier étonnement qui a failli se transformer en gloussement plus que moqueur je dois l’avouer lors des premières écoute, c’est ce dernier morceau où le chanteur s’essaie au chant clair sur l’intro de celui-ci, avec un succès plus que mitigé. C’est bancal et non avenu. L’impression d’entendre du sous-Cathedral avec un Lee Dorrian plus éméché que jamais (c’est dire) traverse l’esprit mais les riffs hargneux ramène bien vite l’auditeur à la réalité de choses désormais immuables: ce premier album de Black Pyramid tranche dans le vif (et le gras) et laisse sa marque saignante sur nos enceintes.

À l’heure où Sleep se reforme pour le fric sans Chris Hakius (blasphème!), avec un Al Cisneros qui s’est coupé les cheveux (blasphème!) et un Matt Pike dont le second groupe est désormais en pilote automatique (blasph… ah non, ça on le savait depuis Blessed Black Wings), il faut savoir se montrer reconnaissant. Black Pyramid est l’un de ces nouveaux groupes qui parviennent à s’extirper de la masse grouillant sans intérêt qui pollue les myspaces (un malheureux moyen de découvertes musicales devenu hélas incontournable) et nos esgourdes à la recherche de sensations non pas nouvelles (on est quand même sur un site qui s’intéresse au rock sabbathien (pour faire court)) mais tout du moins rafraichissantes et à ce petit jeu, le trio réussit parfaitement à rendre hommage à ses ancêtres.

Turn on, tune in, drop doom !

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