Bukowski – Amazing Grace


Bukowski - Amazing Grace

Le buzz autour de Bukowski commence à être assourdissant, limite louche pour un groupe de rock français. L’air de rien, Bukowski est un peu plus qu’un groupe de rock, ou tout du moins un cas atypique : né sur les cendres de deux groupes de ce que l’on appelait alors “neo metal”, le trio bénéficie depuis sa création il y a moins de deux ans d’un soutien de toute part (plein de groupes et musiciens leur apportent un coup de pouce). Mais le plus étonnant chez Bukowski tient dans leur musique…

L’orientation musicale prise par le groupe étonne par sa maturité et son naturel : évoluant sous la forme quintessentielle du power trio (pas de gras : une basse, une gratte, une batterie), Bukowski délivre sur ses 11 titres un gros rock racé, gras et pesant parfois, mais surtout rageur et acéré. Le groupe évolue titre après titre sur ce fil étroit entre metal un peu trop grassouillet (un genre qu’ils évitent très habilement) et rock trop traditionnel et trop lisse, le tout avec une maturité musicale qui ne peut qu’étonner, pour un premier album. Mais là où ça peut vous intéresser, c’est que Bukowski n’hésite pas à se vautrer dans un stoner “moderne” (plutôt à la sauce “Small Stone” qu’en tant que plagiaire de Kyuss, si vous voyez ce que je veux dire) pour mieux servir ses compos, et leur apporter la texture fiévreuse qui leur sied si bien.

L’album commence comme une baffe en pleine gueule par le remarquable “Bro, you save me…” au refrain stonerien délicieusement heavy, et une prod impeccable, le tout accompagné d’un torrent de grattes. Le refrain “hymne” hurlé de “Shaggy Dog Story” prend la suite, et rebondit sur un riff impeccable. Quelques mid-tempo prennent le relais, tous de fort bonne tenue, occasionnellement remués par un brulôt un peu plus bruyant (“Mysanthropia”, “Pillbox” et son refrain énorme que n’auraient pas renié les énormes Awesome Machine).Ainsi, le trio enchaîne les morceaux sans se répéter, le tout dans une bluffante cohérence musicale : la prod percutante ne pervertit jamais le son du groupe, bien bâti sur un solide groove basse-batterie (power trio !!!) et des rythmiques de gratte cinglantes (et occasionnellement un petit solo bienvenu), le tout emporté par le chant puissant et erraillé de Mat (qui devient après la première écoute une marque de fabrique du combo).

Bukowski se révèle être une vraie révélation, et déboule avec un premier album massif, percutant et sacrément mûr pour son âge ! Un excellent disque, à voir comme la première brique d’une carrière que l’on espère longue et faste.

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