Candlemass – The Door To Doom


Cette chronique contient plus de parenthèses qu’une nouvelle de Stephen King mais beaucoup moins de suspens et de flippe (quoique).

Pour comprendre la logique de Candlemass, il faut suivre le conseil donné par Gorge Profonde à Bob Woodward dans Les Hommes du Président : « Follow The Money”(“pister l’argent”). Car depuis de nombreuses années déjà, le groupe a annoncé ne plus vouloir faire ni album, ni tournée, arguant qu’ils avaient gagné le droit de ne pas faire comme tout le monde et sortir un condensé de titres (des EPs plus rapides à produire et qui se vendent pareil) et de se concentrer uniquement sur des événements spéciaux (cachets lucratifs en festival). Et personne n’a rien dit, ou alors que du bien de cette méthode (moi le premier hein), Leif Edling montrant des signes de faiblesses (physique et de composition), cela paraissait la meilleure méthode. Mais le bassiste, qui a abusé de 6 chanteurs en 35 ans, n’avait pas anticipé Ghost et son succès international, suédois grimés au metal pour fête foraine n’ayant cessé de louer leur amour pour Candlemass, jusqu’à les inviter en opening band pour une grosse tournée. Pistez l’argent, on vous a dit. Voilà donc Candlemass reprendre la route. Tant mieux, ils venaient de publier un EP, House Of Doom, en 2018, avec Mats Leven derrière le micro. Oui mais ça serait trop simple. Pistez l’argent, on vous a dit. Alors ce bon Mats a été dégagé (même si, pas rancunier/soumis, il a fait des backing vocals) et remplacé par… Johan Langqvist, qui, en sus d’avoir un nom à placer au Scrabble, est le légendaire chanteur du monument doom qu’est Doomicus, Epicus, Metallicus, premier album de Candlemass, premier album de doom aussi, si on pinaille sur Black Sabbath (ce que je ne ferais JAMAIS, hein). Légendaire le Johan l’est, mais depuis ce coup d’éclat de 1986, sa carrière est des plus pathétiques (y’a une vidéo d’un clip tourné sur des bateaux des plaisance qui vaut son pesant de gêne). Pistez l’argent. Le voilà de retour dans Candlemass et la tournée en ouverture du Disneyland metal prend alors des allures d’âge tendre et tête de bois. Et comme l’argent (celui qu’on a pisté) doit pleuvoir de partout, voilà le groupe qui file en studio enregistrer un nouvel album, écrasant House Of Doom qui n’aura quasiment pas existé (et qui est pourtant très chouette). Welcome alors Doors To Doom (oui, oui, sérieusement).

Alors que penser de l’album derrière cette mascarade ? Un album promotionné sous le seul prisme de son single « Astorolus, The Great Octopus » (oui oui sérieusement), lui même promotionné sous le seul prisme du solo que Tony Iommi (Dieu) a consenti à lâcher en featuring (argumentant, MOT POUR MOT, qu’il avait toujours entendu revenir le nom de Candlemass comme l’un des meilleurs descendant de Sabbath alors, pourquoi pas leur faire un ptit cadeau. #passiondoom). Alors que penser de l’album disais-je donc, cet album qui contient ni plus ni moins que l’EP « House Of Doom » datant de l’année de dernière, en bonus, parce que rien ne se perd, tout se transforme. Que penser de cet album donc, dont « The Omega Circle » reprend le riff de « Sinister And Sweet », publié en 2016. Et bah qu’il est vachement bien. Si toute l’histoire est grand guignolesque, reste que Edling et sa bande (stable à tous les autres postes que celui de chanteur depuis 15 ans désormais) savent toujours composer le meilleur heavy doom possible. Aussi solidement construit qu’une église romane, l’album déroule du riff, sonne comme les cloches de l’enfer et se permet la petite ballade qui va bien, se promenant sur la corniche du kitch sans jamais trébucher. Heavy, chantant, poseurs mais jamais complètement absurde (à part son nom bien sûr, et sa pochette qui est une honte mercantile, convenons-en), The Door To Doom est un album formidable qui saura ravir pleinement les fans ébétés et faire rager ceux qui n’en peuvent plus de revirements de carrière et racolages actifs d’Edling. Faisant parti des deux catégories, je suis comblé.

 

Point Vinyle :

500 red, 500 blue/yellow, 300 gold (l’or c’est plus rare), une version limitée avec Tee-shirt et autographe, et une version black classique, pistez l’argent, comme disait Gorge Profonde. A noter que l’artwork intérieur, photographie d’un corbillard en noir et blanc saturé, est sublime. Et puis on en dira ce qu’on voudra mais « Astrolus » c’est le riff de 2019.

Note de Desert-Rock
   (7.5/10)

Note des visiteurs
   (8/10 - 2 votes)

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