Early Moods – Early Moods


Ce jeune quintette complètement hors du temps nous vient de Los Angeles, où ils effectuèrent leurs premiers pas en 2015. Leur line up actuel se battit au bout de quelques années autour du guitariste Eddie Andrade et du chanteur (et claviériste) Alberto Alcaraz. Après quelques errements musicaux se rapprochant de tendances de metal plus “extrêmes”, les gars décident d’assumer leur folle passion pour le doom metal old school, et entament leur re-construction dans cette optique. Après un EP sympathique, ils sont repérés par Daniel de Riding Easy, qui tombe sous leur charme et nous propose leur premier LP.

Musicalement ce disque est absolument infectieux : une fois qu’on a mis une oreille dessus, difficile de s’en défaire. Pour autant, il est difficile de décrire cette (jouissive) tambouille, car les 9 plages vont aborder des dizaines de genres différents. Avec un peu de recul, on pense à du vieux doom US sauce Pentagram ou Witchfinder General côté européen, reposant parfois sur des rythmiques NWOBHM, le tout renforcé par des attaques de guitare que ne renieraient pas les meilleurs Judas Priest, un sens du riff tout sabbathien, des soli de guitare épiques… Le tout baigne dans une approche revival bas du front, qui oscille naïvement entre pur 1er degré intègre (passion, inspiration, influences, attitude, toussa toussa…) et 2nd degré distant (les mecs assument leur anachronisme), un peu à la sauce R.I.P. avant eux. Autant la démarche commerciale est questionnable (y’a un marché pour « ça » ?), autant musicalement, on ne peut qu’adhérer : on appuie sur « play », on écoute et on lâche prise… On est absorbés par les mid-tempo doom « Damnation » ou « Early Moods » (et son final en mode cavalcade rythmique), abasourdis à l’écoute du protéiforme « Broken », hypnothisés par le Pentagram-esque « Funeral Rites »… Et que dire des plus metal « Live to Suffer », « Curse of the Light » et consorts, qui, même s’ils s’éloignent de notre périmètre musical exigu, suscitent un headbang quasi irrépressible, option poing en l’air. Si un résumé du disque devait être proposé, il tient sur « Funeral Macabre », le dernier titre : intro doom lente sur base de riff gloomy à souhait, lancement heavy mid-tempo sur riff acéré, puis bascule exactement sur la seconde moitié vers une pièce groovy énervée, pour finir par un enchevêtrement de soli impeccables. Pfff, on souffle. Et on repart.

Bien servis par une prod sans clinquant mais parfaite (un peu rustre sur les bords, mode subtilement garage, mais bien ajustée – voir à cet effet le travail sur les lignes vocales adapté à chaque titre, le subtil croustillant sur les riffs de guitare…), ce disque hors du temps et décalé (ou bien « intemporel », finalement ?) a vite trouvé une place de choix dans notre discothèque, où il n’a pas le temps de prendre la poussière. Reste à voir, sur la distance, ce que deviendra ce groupe : blindé d’intentions et d’inspirations plus que recommandables, espérons qu’ils battront le fer tant qu’il est chaud, avec quelques tournées et un second disque pas trop tard, pour confirmer tout le bien que l’on pense d’eux.


 

Note de Desert-Rock
   (8/10)

Note des visiteurs
   (9.5/10 - 2 votes)

(Pour donner votre note,
cliquez sur le nombre de cactus voulus)

Laisser un commentaire

You can use these HTML tags

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

  

  

  

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.


Se connecter