Lightning Born – Lightning Born


« Featuring Corrosion of Conformity’s Mike Dean », scandent les différents supports promo, jusque dans le titre-même du communiqué de presse. Difficile de rater la filiation avec « l’autre » groupe de Raleigh, la capitale de Caroline du Nord… et pourtant, au-delà du lien ténu existant par le biais de l’hirsute bassiste et la colocalisation des deux équipes, il n’y a pas d’autre élément significatif liant les deux groupes, a fortiori musicalement. Ne diminuons toutefois pas le rôle de Mike Dean dans le groupe : le bassiste n’est pas qu’un habile prétexte promo pour booster la notoriété du quatuor, mais bel et bien l’architecte derrière le groupe tout entier ! Propriétaire d’un petit studio à Raleigh, Mike Dean a eu l’opportunité d’y voir jouer plusieurs groupes locaux, dont la vocaliste Brenna Leath (dans un groupe de punk…) et les musiciens d’autres groupes. Les connexions se sont mises en place, et le bassiste s’est donc invité subtilement sur le poste vacant en section rythmique ; trois ans plus tard, voici leur première production.

Lightning Born propose à première vue, sans discussion possible, un proto-doom old school plutôt classique. L’orientation est toutefois plus proche de la vague vintage hard rock de ces dernières années que des chantres du heavy doom obscur. Quoi qu’il en soit, on est assez loin de COC… Ce qui est sûr c’est que ces trois années à ronger leur frein (ils existent depuis 2016), à répéter leurs compos et à faire des scènes essentiellement locales, leur ont permis de peaufiner leurs morceaux : on n’est pas loin du sans-faute. Tempi variés, riffs marquants, arrangements subtils, mélodies efficaces… y’a du métier là-derrière, un savoir-faire d’artisan dévoué, et ce dans pas mal de nuances stylistiques : même si l’on tape quand même dans le vieux proto-doom gentillet bien foutu (« Silence », « Shifting Winds »), on est plus souvent sur des pastilles hard rock old school plus nerveuses (« You Have Been Warned », « Wildfire », « Power Struggle », « Salvation », « Magnetic »…), en passant par du mid-tempo groovy (l’impeccable « Out for Blood », le rampant « Oblivion »…). Et à chaque fois, ça vise juste. Mieux encore, l’album est larvé de petits moments de grâce et de plans jouissifs, de ceux qui distinguent les très bons albums des « juste » bons. On pense à la superbe montée en tension de « You Have Been Warned », avec sa section rythmique super groovy (un travail basse-batterie parfait, toujours aux limites de l’emballement) ; au refrain de « Power Struggle » super efficace et tout en retenue heavy ; au riff primaire de « Salvation »…

Mais la principale caractéristique du groupe tient à sa vocaliste remarquable, Brenna Leath. Soyons factuels, c’est elle qui transcende ces compos. On pense parfois à  Lisa Kekaula des Bellrays, à Beth Hart, à Stevie Nicks ou Chrissie Hynde avec plus de coffre… C’est dire ! Impeccable et juste dans tous les styles susmentionnés, puissante (« Magnetic », « Wildfire »), plus discrète lorsque nécessaire (« Out for blood »), elle va taper dans des registres blues ou soul avec une efficacité et une technique bluffantes (« Oblivion », « Renegade »). Sa capacité à mettre son potentiel en retrait la distingue de certaines vocalistes qui au contraire s’appuient sur les compos pour se mettre en avant (suivez mon regard vers la blonde vocaliste d’un groupe suédois à succès et à fort turnover…). Quant aux autres musiciens, ils sont impeccables, avec une mention spéciale à Mike Dean, très attendu, et qui pourtant se fond dans le décor lui aussi avec une déférence remarquable : le bassiste que l’on sait talentueux pourrait mettre en avant son instrument et son style très technique, mais là aussi son jeu est super discret, il joue à plein son rôle de support rythmique et ne vient jamais marcher sur les plate-bandes d’Erik Sugg à la gratte. Bref, on a sous les yeux les composantes d’un vrai groupe, et certainement pas ni d’un all-star band, ni d’un vague projet approximatif.

Lightning Born (l’album et le groupe) est donc une très bonne surprise, là où notre cynisme nous faisait craindre une forte déception et/ou un plan marketing trop beau pour être vrai. On est bien loin du side project que l’on craignait, vendu au lance-pierre à grands coups de stickers « avec Mike Dean de COC ». C’est un groupe très intéressant, qui démontre des qualités déjà affirmées. Si son jeune âge est un indice de sa marge de progression, on attend la suite de pied ferme, et en particulier leur incarnation scénique si possible.

Note de Desert-Rock
   (8/10)

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