Lucifer – II


La gente féminine a le vent en poupe de nos jours sur la scène stoner au sens large (sauf au sein de notre rédaction qui pue la testostérone à pleins naseau…) et nous n’allons pas bouder notre plaisir en assistant à ce mouvement là où jadis Misdemeanor faisait figure d’intrus au milieu des velus comme des poils dans une assiette. On ne va pas exagérer non plus : Lucifer n’est pas un combo 100% féminin quand bien même Lucifer sans Johanna Sadonis – sa frontwoman – ne serait pas Lucifer tant sa présence irradie sur les compositions ainsi que lors de l’exercice scénique.

Je ne connaissais que très vaguement la chose lorsque je m’y frottais lors du dernier Desertfest de Berlin et avais été déçu dans un premier temps tant The Oath (formation précédente de la nana dont je vous causais au paragraphe précédent qui demeure assez proche du registre que Lucifer propose) m’avait botté jadis. Mes oreilles vinrent tout de même se poser sur le premier opus de ce groupe dont il ne reste plus grand chose sur cette nouvelle plaque hormis Madame Sadonis !

La blonde chanteuse a négocié l’après Gaz Jennings (qui s’en est retourné à d’autres occupations) en bossant avec un type au curriculum vitae plutôt bien fourni : Nicke Andersson (Entombed, The Hellacopters et Imperial State Electric si ça vous cause un tantinet). C’est cette structure bicéphale qui s’est embarquée dans le processus de composition de ce second album sobrement intitulé « II » (oseront ils le « III » ensuite comme Led Zeppelin ou Rambo ?). Ces deux têtes pensantes désireuses de mettre en boîte le fruit de leur labeur en duo se sont précipitées à The Honk Palace à Stockholm (le studio d’un gars qui a jouée dans Entombed, The Hellacopters et Imperial State Electric si jamais).

Le gars qui a joué dans Entombed, The Hellacopters et Imperial State Electric et qui a un studio à Stockholm s’est chargé de la basse, de la batterie et d’une partie des guitares sur cet enregistrement étant donné que le duo voulait battre le fer tant qu’il était chaud (et plus si affinité). C’est donc avec l’appui de Robin Tidebrink, pour l’autre partie des guitares, que « II » a été dans la boîte. Le format trio adopté pour les prises de ce disque est sacrément complété pour ce qui est des représentations publiques ce qui donne une belle épaisseur dans la sono (pas toujours simple pour une petite équipe ; n’est pas Tony Iommi qui veut).

Sur le papelard la formule a une belle gueule et sur disque elle confirme les écrits avec ce deuxième volet qui se place clairement dans le sillage des légendaires Black Sabbath sans toutefois cloner la bande d’Ozzy (j’ai déjà cité Tony plus haut). Des titres comme « Eyes In The Sky » sont imparables avec un tempo très ralenti, des riffs avec une énorme paire de couilles et un chant avec une paire de nichon. Si l’intensité retombe parfois (« Before The Sun » sorte de va-et-vient entre la bluette et les riffs de Birmingham), c’est pour mieux nous rattraper par le col quelques titres plus loin. Par exemple avec le titre de clôture « Faux Pharaoh » qui renoue avec le doom abordable (rayon Pentagram ou Cathedral pour vous situer la chose) décliné avec Maestria par le trio (qui selon les gossip est un couple + 1 guitariste).

J’aurai apprécié avoir plus de morceaux du genre de « California Son », le premier titre et mon préféré, qui est exemplaire dans sa concision et sa vélocité (sans toutefois singer The Hellacopters) car il est bigrement efficace et j’aime à penser que Llucifer pourrait s’employer à persévérer dans ce style à l’avenir car cette aventure musicale semble être construite pour durer (et le mec qui jouait dans Entombed, The Hellacopters et Imperial State Electric et qui a un studio et qui est avec la chanteuse ainsi que la chanteuse elle-même en ont sacrément sous le pied).

Note de Desert-Rock
   (7.5/10)

Note des visiteurs
   (8/10 - 3 votes)

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