Lucifer – II

Label : Century Media Records (2018)
Chroniqué par Chris

La gente féminine a le vent en poupe de nos jours sur la scène stoner au sens large (sauf au sein de notre rédaction qui pue la testostérone à pleins naseau…) et nous n’allons pas bouder notre plaisir en assistant à ce mouvement là où jadis Misdemeanor faisait figure d’intrus au milieu des velus comme des poils dans une assiette. On ne va pas exagérer non plus : Lucifer n’est pas un combo 100% féminin quand bien même Lucifer sans Johanna Sadonis – sa frontwoman – ne serait pas Lucifer tant sa présence irradie sur les compositions ainsi que lors de l’exercice scénique.

Je ne connaissais que très vaguement la chose lorsque je m’y frottais lors du dernier Desertfest de Berlin et avais été déçu dans un premier temps tant The Oath (formation précédente de la nana dont je vous causais au paragraphe précédent qui demeure assez proche du registre que Lucifer propose) m’avait botté jadis. Mes oreilles vinrent tout de même se poser sur le premier opus de ce groupe dont il ne reste plus grand chose sur cette nouvelle plaque hormis Madame Sadonis !

La blonde chanteuse a négocié l’après Gaz Jennings (qui s’en est retourné à d’autres occupations) en bossant avec un type au curriculum vitae plutôt bien fourni : Nicke Andersson (Entombed, The Hellacopters et Imperial State Electric si ça vous cause un tantinet). C’est cette structure bicéphale qui s’est embarquée dans le processus de composition de ce second album sobrement intitulé « II » (oseront ils le « III » ensuite comme Led Zeppelin ou Rambo ?). Ces deux têtes pensantes désireuses de mettre en boîte le fruit de leur labeur en duo se sont précipitées à The Honk Palace à Stockholm (le studio d’un gars qui a jouée dans Entombed, The Hellacopters et Imperial State Electric si jamais).

Le gars qui a joué dans Entombed, The Hellacopters et Imperial State Electric et qui a un studio à Stockholm s’est chargé de la basse, de la batterie et d’une partie des guitares sur cet enregistrement étant donné que le duo voulait battre le fer tant qu’il était chaud (et plus si affinité). C’est donc avec l’appui de Robin Tidebrink, pour l’autre partie des guitares, que « II » a été dans la boîte. Le format trio adopté pour les prises de ce disque est sacrément complété pour ce qui est des représentations publiques ce qui donne une belle épaisseur dans la sono (pas toujours simple pour une petite équipe ; n’est pas Tony Iommi qui veut).

Sur le papelard la formule a une belle gueule et sur disque elle confirme les écrits avec ce deuxième volet qui se place clairement dans le sillage des légendaires Black Sabbath sans toutefois cloner la bande d’Ozzy (j’ai déjà cité Tony plus haut). Des titres comme « Eyes In The Sky » sont imparables avec un tempo très ralenti, des riffs avec une énorme paire de couilles et un chant avec une paire de nichon. Si l’intensité retombe parfois (« Before The Sun » sorte de va-et-vient entre la bluette et les riffs de Birmingham), c’est pour mieux nous rattraper par le col quelques titres plus loin. Par exemple avec le titre de clôture « Faux Pharaoh » qui renoue avec le doom abordable (rayon Pentagram ou Cathedral pour vous situer la chose) décliné avec Maestria par le trio (qui selon les gossip est un couple + 1 guitariste).

J’aurai apprécié avoir plus de morceaux du genre de « California Son », le premier titre et mon préféré, qui est exemplaire dans sa concision et sa vélocité (sans toutefois singer The Hellacopters) car il est bigrement efficace et j’aime à penser que Lucifer pourrait s’employer à persévérer dans ce style à l’avenir car cette aventure musicale semble être construite pour durer (et le mec qui jouait dans Entombed, The Hellacopters et Imperial State Electric et qui a un studio et qui est avec la chanteuse ainsi que la chanteuse elle-même en ont sacrément sous le pied).



Note de Desert-Rock :
   (7.5/10)

Note des visiteurs :
   (0/10 – 0 vote)

(Pour donner votre note, cliquez sur le nombre de cactus voulus)


Partager cet article :
Voir toutes les chroniques de :
 
 

  •   English version



On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

Voir plusVoir moins

Voir sur Facebook