Portant une livrée passable (coté pochette, on est pas sur l’arwork du siecle), Nightstalker, le quintette thessalonicien dans la fleur de l’âge (30 berges tout de même), revient avec un album que l’on espère un peu supérieur à son prédécesseur, qui n’a pas bien résisté à l’épreuve du temps (6 ans déjà). Return from the Point of No Return sort une nouvelle fois chez Heavy Psych Sounds et il nous tarde de découvrir ce que ce jeunot a encore à offrir à une scène stoner qui, à vrai dire, ne lui rend sans doute pas toujours hommage, bien qu’une frange d’auditeurs, sous le charme, constitue une fanbase indéfectible, attendant cet opus la bave aux lèvres.
Nightstalker ouvre avec le tonitruant “Dust”. Un retour fracassant aux affaires ? Une remise en jeu du coup de poing façon Dead Rock Commandos ? Encore quelques pistes et on sait que non, il n’en sera rien. Alors, quoi ? La redite de The Great Hallucinations, un album tout en modération ? Peut-être bien, si l’on s’en tient à “Heavy Trippin'” ou “Shipwrecked Powder Monkey”. Mais la vérité, comme toujours avec Nightstalker, se situe quelque part entre ces deux mondes.
Return from the Point of No Return contient tout le sel du groupe, avec pour banger le titre éponyme qui marquera l’esprit de l’auditeur grâce à ses riffs gras et sa rythmique enveloppante. Puis c’est “Shallow Grave” qui prend la suite. Ce morceau, qui dans un premier temps se rapproche plus du blues que du rock, joue sur le velouté de la basse d’Andrea. Sa seconde partie ensuite valorise la guitare de Tolis qui vient ajouter ses gémissements à la piece. Cette fluctuation nous incite même à augmenter le volume pour un pur instant de plaisir. Les mecs confirment en deux titres que le groupe n’a rien de manichéen.
Return from the Point of No Return est une véritable plaque de Nightstalker, qui puise sa force autant dans ses faiblesses – la voix éraillée d’Argy, la mise en retrait de la guitare là où elle pourrait enflammer – que dans ses qualités – un sens aigu de la distorsion, un groove implacable et un storytelling qui touche juste.
Du tambourin de “Flying Mode” au final déjanté de “Return From The Point of No Return”, du riff parfait du pont de “Shipwrecked Powder Monkey”, aussi massif et attractif qu’une supernova, au groove implacable de “Falling Inside”, on ne peut que saluer l’équilibre d’un album, toujours fourmillant de mille astuces, qui viennent titiller l’oreille de la plus belle des manières.
On ne peut qu’espérer voir ces nouveaux titres enrichir les setlists de Nightstalker. On ne prend pas grand risque à dire que la puissance du live donnera un essor encore plus grand à des morceaux comme “Dust”, “Uncut”, ou même le plus posé “Heavy Trippin’”. Return from the Point of No Return ne sera peut-être pas le nouvel album phare de Nightstalker, mais plus probablement celui que les fans pouvaient espérer : un album syncrétique, un condensé de trente années de sacerdoce au service du rock.
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