Sasquatch – Fever Fantasy


Un nouvel album de Sasquatch c’est toujours un petit événement en soi. Né au tout début du siècle, le trio californien (enfin plus complètement depuis que Craig Riggs est derrière les fûts) est à rapprocher de la première vague de vrais groupes de stoner… et cette espèce est en voie d’extinction ! Or bon an mal an, le groupe se rappelle régulièrement à nos souvenirs, trop rarement néanmoins, mais sans jamais donner de signe de fatigue. Ils nous proposent généralement une nouvelle galette tous les 3 ou 4 ans, sans jusqu’ici faire de faux pas qualitatif. Même si on a attendu celle-ci un peu plus longtemps (Maneuvers, son prédécesseur, date de 2017), l’album est en réalité enregistré depuis plus de deux ans (!!), mais les bandes ont attendu dans les cartons que le paysage s’éclaircisse (Covid, concerts, etc…) pour permettre au groupe de le défendre notamment sur scène.

Maneuvers (on vous en parlait ici) répondait parfaitement au clichesque concept « d’album de la maturité », sur lequel le groupe confirmait son talent dans son style de prédilection, mais se permettait en sus quelques expérimentations audacieuses, gonflant son son et élargissant son spectre sonore à partir d’influences plus vastes. Fever Fantasy est exactement dans la même tendance en proposant, tout simplement, un nouvel album de référence dans la discographie sans accroc du groupe. On y retrouve cette fois encore une belle série de titres de stoner nerveux et puissant (“Save the Day, Ruin the Night”, « Live Snakes », « Voyager »…) et une poignée de mid-tempo catchy et heavy (« Part of not knowing », « It lies beyond the Bay »…), qui déjà à eux seuls justifient l’acquisition de cette galette. On trouvera quelques pièces moins classiques aussi, à l’image de « Witch » ou de ce (un peu trop) long « Ivy », où le groupe développe des ambiances plus calmes et lentes. A noter l’apport par exemple sur ce dernier de claviers bien plus assumés que sur Maneuvers, qui apportent des nappes très intéressantes en fond des superbes soli de Gibbs.

Si vous ne connaissez pas encore Sasquatch, on est sur du stoner rock de référence, tout simplement, avec toujours ce son de gratte énorme et lourdement fuzzé dans les coins, cette basse ronde et groovy tissant une base mélodique omniprésente, cette rythmique plombée (quelle frappe de Riggs !)… L’ensemble est servi sur un lit de riffs incroyablement efficaces, qui finiront de tapisser le fond de vos conduits auditifs (le super heavy “Live Snakes”, le catchy “Voyager” couplé à un impeccable arrangement de claviers, “Cyclops”, le punchy “Save the Day, Ruin the Night”…) . Rajoutez à ça le brin de voix chaud et subtilement rocailleux de Keith Gibbs tout à fait emblématique (toutes proportions gardées, le gaillard fait souvent penser à Chris Cornell), et vous retrouvez tous les ingrédients de la recette qui fait depuis plus de deux décennies de Sasquatch l’un des référents incontestés de la scène stoner.

Fever Fantasy s’avère donc être rien moins que l’un des meilleurs disques de Sasquatch (d’aucuns oseront dire qu’il s’agit de l’un des cinq meilleurs – soyons fous), présentant un groupe solide, toujours inspiré malgré les années, fidèle à ses racines tout comme à ses fans. Ce nouveau disque propose non seulement une vraie tranche de jouissance auditive, mais surtout le potentiel d’une grosse poignée de nouveaux brulots propices à alimenter les prochaines set lists live du groupe. Le meilleur des deux mondes.

 


Note de Desert-Rock
   (8.5/10)

Note des visiteurs
   (10/10 - 3 votes)

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