Slomosa – Slomosa


Comme le souligne très justement leur biographie, voir émerger du bon stoner rock du pays probablement le moins désertique du monde, la Norvège, ne semble pas a priori le phénomène le plus probable, au milieu de la quantité de sorties vinyliques qui s’enchaînent chaque mois. Le jeune quatuor norvégien balance pourtant un premier album surprenant à plus d’un titre, dans le bon sens du terme.

L’aspect le plus immédiatement séduisant dans la musique de Slomosa est son son de guitare en particulier : ce fuzz croustillant, tellement emblématique des meilleures productions du début du siècle notamment, émoustillera immédiatement le fan de stoner pur jus. Ce doux mélange de sonorités rencontrées ici ou là chez des groupes comme Lowrider, Truckfighters ou 1000Mods par exemple, et évidemment jamais trop loin du Kyuss matriciel, est un authentique ravissement auditif pour l’esthète “d’une certaine idée du stoner”.

Autre caractéristique distinctive : ce sens du groove imparable, parfaitement assimilé, développé à l’envi sur toute la galette. A l’écoute des huit plages (pour 37 trop petites minutes), on headbangue, certes, mais on chaloupe aussi pas mal, de manière inconsciente beaucoup, et irrésistible surtout. Jetez une oreille sur les dévastateurs « There is Nothing New Under the Sun » ou « Just to Be » pour une indécente portion de groove fuzzé. Mélodies et riffs s’entremêlent sur chaque compo pour une réussite globale qui force le respect, en particulier pour un groupe formé il y a moins de trois ans. De fait, chaque compo développe sa propre identité, comme un éventail des capacités de Slomosa à embrasser plusieurs genres musicaux, sans jamais apparaître décalé ou hors propos : ils peuvent passer d’un stoner très classique (« Horses » et son riff ultra catchy, « Scavengers » et ses réminiscences Elder, ou encore « On and Beyond »…) à des titres plus nerveux (« Kevin » qui rappelle le côté punk rock des premiers Fu Manchu), en passant par des titres plus rock (« In my Mind’s Desert » et sa nonchalance emblématique des premiers QOTSA). On ne s’ennuie pas une seule minute, et on a bien du mal à lâcher ce disque.

On peut le tourner dans tous les sens, analyser chaque chanson ou chaque riff, mais au final, la qualité de cette galette s’impose d’elle-même. Dans le genre finalement assez étroit de « l’authentique» stoner rock, il est probable qu’en fin d’année on compte les bons albums sur les doigts de la main du Baron Empain… et on peut déjà probablement affirmer que Slomosa sera de ceux-là. Mettez-moi ce groupe dans un van pour venir faire vrombir les amplis hors de scandinavie !

Note de Desert-Rock
   (8.5/10)

Note des visiteurs
   (9.17/10 - 6 votes)

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