The Atomic Bitchwax, The Killbots, 20 Mai 2005, Diest, Belgique

Moins d’un an après sa venue précédente, Atomic Bitchwax est de retour en Europe. Pour rappel, le groupe avait jeté l’éponge en 2003 suite au départ de Ed Mundell qui avait préféré se concentrer uniquement sur sa carrière au sein de Monster Magnet.
Suite à leur collaboration avec Finn Ryan (guitariste/chanteur de Cöre, groupe trop éphémère de la prolifique scène du New Jersey), Chris Kosnik et Keith Ackerman avait profité de la tournée de Black Nasa (dans lequel ils officient tous deux) pour reformer Atomic Bitchwax. Les 3 nouveaux compères avaient sillonné les Etats Unis et l’Europe sans aucun nouveau matériel à promouvoir mais pour le plus grand bonheur des fans trop tôt orphelins.
L’alchimie fonctionnant à merveille, ils décidèrent de rapidement concrétiser cette nouvelle association par l’enregistrement d’un 3ième album avant de repartir à l’assaut des clubs. Soucieux de soutenir la scène locale, Orange Factory a confié la première partie à The Killbots, originaire du Limbourg voisin. Bien que la base de leur musique soit un heavy rock à la Nebula avec une voix plus agressive, ce groupe n’hésite pas à aborder d’autres styles très variés, passant du Boogie au Stoner classique (si çà existe) tout en ne rechignant pas sur une intro funky ou un break doomesque. Bien que la majorité des morceaux soient construits à partir d’un riff souvent efficace, les Killbots expérimentent en développant pleins d’idées au sein d’un même morceau. Parfois même un peu trop, les enchaînements un peu légers donnant l’impression de collages pas toujours réussis. Mais leur expérience scénique (ils ont du écumer toutes les petites salles de Flandre) gomme ces quelques imperfections qui font finalement le charme des groupes amateurs. Ils semblent très sincères, n’en rajoutant pas des tonnes pour impressionner le public et on arrête rapidement d’analyser pour se laisser séduire par leur prestation.

La première fois que j’ai vu Atomic Bitchwax, j’ai pris une claque monumentale. Le genre de concert dont on ressort titubant, conscient qu’on vient d’assister à quelque chose d’unique et éphémère. Un moment presque mystique pendant lequel on entre en communion totale avec la musique, une expérience rare et inoubliable. Ce soir là tout était parfait : le groupe, le son, l’ambiance, la salle, … Chris, Keith et Ed m’avaient emmené très loin avant de me laisser confus mais heureux. Il y avait bien sûr leur virtuosité légendaire, leur enthousiasme, cette façon particulière qu’a Mundell de vous en foutre plein les oreilles tout en restant très modeste. Mais il y avait plus. Il y avait cette chose indicible qui fait toute la différence entre un bon concert et un moment d’anthologie. Il y avait la magie.
Ce sont les souvenirs qui me reviennent à l’esprit quand Chris Kosnik investit la scène en arborant un t-shirt collector de Mötley Crüe. Après une courte intro instrumentale, ABW nous balance directement « Hey Alright », bombe speedée et irrésistible. Keith Ackerman, fidèle à lui-même, frappe dans tous les sens. Ce batteur est aussi agréable à écouter qu’à voir tant son jeu est virevoltant. Avec Kosnik, il forme probablement une des meilleures sections rythmiques du moment et les 10 années passées à jouer ensemble dans un tas de projets a créé une symbiose entre eux qui reste pour moi un des attraits principaux du groupe.
Finn Ryan n’est pas en reste et semble beaucoup plus à l’aise que l’année passée. Son jeu sonne un peu plus brouillon que celui de Mundell mais l’acoustique assez moyenne de la salle contribue probablement à cette impression. Il enchaîne néanmoins solos et rythmiques avec aisance et s’en sort bien dans le rôle ingrat de faire oublier le grand Ed.
La set list est composée pour moitié de nouveaux morceaux dont la majorité est chantée par Ryan. Certains sonnent comme du ABW pur jus (Dark Chi, The Destroyer, …) mais d’autres, comme «You Can’t Win » ou «You Oughta Know » déçoivent un peu. On a l’impression que le groupe nous offre une version édulcorée de sa musique, les structures étant beaucoup plus classiques et les mélodies vocales prédominantes. Ils manquent ces petits breaks qu’on retrouve dans les anciens morceaux et pendant lesquels on a parfois l’impression que les 3 musiciens jouent en solo en même temps. Les réactions du public sont d’ailleurs beaucoup plus chaleureuses sur les classiques que sont « The Cloning Chamber », « Stork Theme » ou « Shitkicker » et on en vient à attendre les vieux morceaux, ce qui n’est jamais de bonne augure. Malgré cette légère déception, The Atomic Bitchwax reste un groupe dont les prestations scéniques sont largement au-dessus de la moyenne. Leur technique impressionnante reste toujours aux service des morceaux et ne tourne jamais à la démonstration gratuite et ils prennent énormément de plaisir sur scène. Kosnik introduit d’ailleurs « Birth to the Earth » en annonçant qu’il adore jouer ce morceau et son enthousiasme est très communicatif.
Après un bon vieux « Forty-Five » joué en rappel, le groupe reviendra une deuxième fois pour satisfaire un public les réclamant pendant plus de 10 minutes.
Malgré un nouvel album un peu en dessous de mes attentes, ABW nous a prouvé ce soir qu’il restait un groupe incontournable en concert. Avec ou sans Mundell.

Jihem

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