Yawning Man, Majestic Scene, 18 juin 2005, Den Hemel, Zichem, Belgique

Il aura fallu attendre quelques années avant de voir débarquer Yawning Man en Europe et c’est donc avec une certaine impatience que j’attendais ce concert. D’autant plus que j’avais vraiment hâte de voir ce que cela donne sur scène, de voir ce qu’un groupe 100% instrumental peut créer comme atmosphère. Comme si l’attente n’était pas assez longue, il m’aura fallu quelques heures pour rejoindre la salle puisqu’une nouvelle fois, j’ai quitté Bruxelles par le mauvais côté. C’est donc avec un certain soulagement que j’aperçois Jihem qui m’attend sur le parking devant la salle. En fait, j’ai une nouvelle fois paniqué pour rien puisque les portes ne sont pas encore ouvertes et que l’ouverture est prévu pour 20h45, soit 45 minutes de plus que prévu. L’occasion pour nous de boire un verre et de redescendre en température après une journée bien éprouvante de ce côté. Un bon verre de coca bien frais en écoutant Yawning Man faire ses réglages, que demandait de mieux?
L’heure tourne tout doucement et quelque chose me dit que la soirée ne fait que commencer. Tout cela se confirme lorsque l’on voir Alfredo Hernandez s’installer en terrasse pour lui aussi profiter d’une boisson bien fraîche. L’ambiance est détendue au possible et Alfredo se prête volontier au jeu des photos et autographes. La thématique de la soirée sera donc : on prend son temps. 21h45. On dirait bien que la première partie va commencer son set, qui a dit qu’il était temps? Majestic Scene investit donc la scène du Den Hemel devant une foule des plus clairsemée.

Ce groupe hollandais ne me laissera certainement pas un souvenir impérissable mais aura au moins eu le mérite de me divertir en attendant le trio américain. Ils sont ici pour défendre leur cinquième album et ne se font pas prier pour cela. Ils enchaînent les titres qui comportent presque tous de longues parties instrumentales. Somme toute, à la fin de leur prestation je me suis dis que ça vaudrait peut être le coup de voir ce que ça donne sur cd et c’est bien là le principal pour une première partie. Il est temps pour Gary Arce et ses deux compères de monter sur scène à l’heure où les concerts parisiens se terminent. La salle n’est pas aussi remplie que ce qu’elle avait pu l’être deux mois auparavant pour Brant Bjork mais il y a tout de même assez de fans de rock pour ne pas avoir l’impression d’être seul. D’ailleurs, se sentir seul, c’est bien l’impression que m’a donné Gary face à son micro à le voir bredouiller quelques mots entre les chansons de façon aussi maladroite et timide.

Musicalement, on est très proche et en même temps assez éloigné de ce que l’on trouve sur le premier album du groupe. Tout d’abord, le son de guitare reconnaissable parmi cent est ici parfaitement reproduit non sans ajouter une petite dose de puissance fort bien venue. Ensuite, les chansons se retrouvent ici agrémentées de longs passages à la limite de l’improvisation. J’avais des craintes de trouver un set instrumental un peu répétitif mais ces longs jams contribueront pour beaucoup à dissiper cela.

Gary Arce est visiblement le maître à bord et c’est bien lui qui dirige tout ce beau monde. La communication avec les restes du trio lors des longs jams est constante; Alfredo Hernandez et Billy Cordell assurent une partie rythmique impeccable alors que Gary se lance dans de longues envolées planantes. Visiblement sous le charme, le public adopte une attitude très attentive à la limite de la fascination, à croire que la timidité apparente de Gary est contagieuse.

Le point culminant de ce show sera sans nul doute la montée sur scène du chanteur-guitariste de Hypnos 69 pour accompagner Gary à la guitare. On a du mal à croire que l’on a en face de nous une improvisation tellement le jeu de Steve s’accorde avec celui de Yawning Man et on sourit encore lorsque l’on repense à ce que nous disait Gary avant le titre, “on va voir ce que ça donnera, peut être que ça n’ira pas….”. Le groupe quitte la scène quelques minutes après sous des applaudissements au combien mérités.

“On vous fait encore un titre…heu….c’est un jam….heu…..faut dire que toutes nos chansons sont des jams”. Voila la phrase la plus longue de la soirée, prononcée juste avant d’entamer un superbe rappel qui clôturera ce concert d’un peu plus d’une heure.
Il est presque minuit lorsque Yawning Man quitte la scène cette fois ci de façon définitive, en tout cas pour aujourd’hui.
La soirée se termine comme elle a commencé, un verre de coca en terrasse.

shinkibo

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