1000mods – Youth Of Dissent

Label : Ouga Booga and the Mighty Oug Recordings (2020)
Chroniqué par Sidney Résurrection

 

Les 1000mods, ont vu se développer autour d’eux une véritable hype. L’engouement du public pour le quartette les positionne comme l’œil du cyclone de la scène stoner grecque et chacune de leurs sorties est attendue de pied ferme avec l’espoir de recevoir un peu de la gifle qu’ils délivrent en live à chacun de leurs sets.

Cette année ils libèrent leur quatrième long format, Youth of Dissent, et avec un titre pareil on s’attend à ce que l’haleine chaude et sulfureuse d’une jeunesse révoltée envers à peu près tout ce qui constitue un establishment souffle sur la plaque et nous mette quelques tartes ainsi que des fourmis dans les membres. Sortons donc les banderoles et armons nous de nos plus beaux pavés : voici venue l’heure de la contestation.

A la première lecture, les compositions paraissent trop polies et sans l’agressivité des précédents albums. On contesterait donc en pantoufles avec ce Youth of Dissent. L’esprit s’est métamorphosé et ne livre plus la sauvagerie tribale de morceaux comme « She », « El Rolito » ou encore « Electric Carve ».

Jusqu’à présent les compositions étaient assez généralement construites selon l’adage « le calme avant la tempête » et l’introduction tantôt planante, tantôt pesante, passait le plat aux corps de morceaux énervés. Pour Youth of dissent, la gratte s’est faite plus claire, la voix moins hurlée. Et lorsque sur le titre éponyme on s’attend à l’explosion de puissance, le soufflé retombe pour livrer un peu plus d’atmosphérique ou des passages à peine alourdis par la tonalité du jeu de gratte. Le cactus perd ses épines, l’intro de « Less is More » est fade comme un titre rétro 90’s d’une soupe radiophile se voulant héritière du grunge. La larmoyance introductrice de « Young » me donne même à penser que tout a merdé, tout ou presque.

En effet, si l’ouverture vocale de l’album m’a déçu, j’admets que le brûlot de la voix n’est pourtant pas mort. Il revient, on sent qu’il est contenu mais présent sur « Blister » et totalement libéré sur la conclusion de « So Many days ». Une fois cela dit, côté instruments, « 21st Space Century » propose l’intro qu’on attendait d’un 1000mods, batterie martiale, gémissements des cordes en vent annonciateur de la déferlante du corps du morceau (qui ne viendra pas, puisqu’il s’agit d’un interlude de deux minutes). Le rythme échevelé de « Pearl » où Dani s’anime et scande le refrain en donnant à l’auditeur envie de bondir… Voilà ce que j’espérais, on retrouve ses marques et ça valait le coup d’attendre.

« 11 Mirrors » en point d’orgue ? Batterie tribale faisant monter la sauce, chant abrasif, grattes mid tempo à la limite du doom, le tout pour gravir les pentes d’un Mont Parnasse metal et finir par hurler à la face du monde sa vraie nature, à peu de choses près. C’est en effet d’à peu prés qu’il est question car il faut tout de même aller chercher à plusieurs reprises pour commencer à comprendre des titres comme « Warped », « So Many Days » ou l’introductif « Lucid ».

Avec ce Youth of Dissent 1000mods sort d’un carcan dans lequel on aurait aimé le voir s’enfermer. Il ne s’agit pas de l’album le plus réussi des grecs car il n’est pas aussi immédiat que les précédents, mais il faut lui reconnaître un certain nombre de tentatives qui selon l’humeur de l’auditeur ou son opiniâtreté à se repasser l’album passeront pour moyennes ou rafraîchissantes à défaut de décevantes.

 



Note de Desert-Rock :
   (7/10)

Note des visiteurs :
   (0/10 – 0 vote)

(Pour donner votre note, cliquez sur le nombre de cactus voulus)


Partager cet article :
Voir toutes les chroniques de :
 
 

  •   English version



On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

Voir plusVoir moins

Voir sur Facebook