Kaleidobolt + Sacri Monti – 23/05/22 – Nantes (Le Ferrailleur)

Chronique de

 

Kaleidobolt

Changement de décors pour les soirées Crumble Fight puisqu’avec la fermeture du Michelet, le programmateur Ben Crumble se retrouve sous pavillon du Ferrailleur, salle bien connue des amateurs de musiques amplifiées de la bonne ville de Nantes. Loin d’en être à son coup d’essai en termes d’affiches gouleyantes, la salle et son nouveau séide ont dérouté Kaleidobolt et Sacri Monti de leur tournée européenne pour venir séduire les bords de Loire.

L’entrée en matière est un peu froide, la faute à la salle sans doute qui peine à se remplir. Mais rien ne saurait contrarier le trio finlandais Kaleidobolt. Il accuse le coup et encourage le public à se réveiller un peu. Petit à petit leur énergie fait son office et on sent l’atmosphère se réchauffer. Il faut dire que la musique sur vitaminée du groupe a de quoi inviter à la libération. Leur son psychédélique et foutraque part dans tous les sens et ne se satisfait d’aucun carcan. Les morceaux déroulés à la vitesse d’un éclair piochent dans la discographie du groupe et laissent une part non négligeable au nouvel album fraîchement sorti.

Je dois reconnaître que si les gars m’avaient laissé un souvenir impérissable lors de leurs derniers passages en France, cette fois il y a un je ne sais quoi d’absent. Un truc indéfinissable qui laisse songeur sans pour autant nous pousser à bouder notre plaisir. Il faut dire que Kaleidobolt est abonné aux plateaux contrastés, ouvrant avec leur musique puissante et échevelée pour des groupes bien plus “sages” et portés sur les riffs planants. Il est impossible cependant de nier l’incroyable puissance vocale du guitariste ainsi que la force de frappe quasi destructrice de la batterie pendant que le bassiste joue de dextérité sur ses quatre cordes. Une belle entrée en matière cependant qui aura laissé une salle à bonne température pour la suite.

 

 

Sacri Monti

Sacri Monti trouve une salle un peu plus pleine qu’à l’ouverture de leurs camarades de planches. Les Américains malgré une maigre discographie vont avoir tout le loisir de prouver leur talent à de multiples reprises. L’ampleur déjà est tout autre, puisqu’avec deux guitaristes, un clavier et une section rythmique basse batterie le quintet a de quoi afficher une densité plus importante.

Le son de la Rickenbacker écrase l’assemblée de sa présence et sous les doigts de Anthony Meier qui tient aussi le même manche pour Radio Moscow, autant dire qu’en termes de maîtrise, cela se pose là. N’allons pas croire cependant que les autres musiciens sont des perdreaux de l’année, ils emportent les cœurs et les âmes, livrant des duos de guitare qui se répondent et se complètent à merveille ou encore assommant l’assemblée de la frappe puissante mais précise du batteur. La musique est brillante, intelligente et sensible et il est difficile (Pour ne pas dire impossible) en regardant autour de soi de trouver quelqu’un qui ne soit pas conquis. Sacri Monti illumine la scène de sa cohésion, porté par sa musique et un set light parfait pour cette salle qui n’est pas un Zenith mais qui a su investir dans des atours faits pour mettre en avant les artistes. Avec un clavier qui ne sombre pas dans le cliché tout babos, Sacri Monti convoque néanmoins des vibrations Kraut dans des compositions qui donnent du grain à moudre à chacun des musicien. Voilà une formation que l’on a hâte de retrouver tant en live que sur album

 

Le pari était risqué, puisqu’il s’agissait de faire venir deux groupes sur les quais de Nantes un lundi. Néanmoins le choix du plateau et la qualité des artistes présents ce soir n’auront pas trompé les connaisseurs qui seront venus satisfaire leur soif de bonnes ondes et de musiques aussi éthérées que puissantes. Encore une soirée réussie pour Crumble Fight et des souvenir plein les oreilles pour nous autres.



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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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