Monster Truck – Furiosity

Label : Dine Alone Records (2014)
Chroniqué par Laurent

monster-truck
On avait vu Monster Truck l’an dernier en première partie de Vista Chino sur un paquet de dates européennes (rappelez-vous : cette tournée qui a si prodigieusement et opportunément évité la France et autres terres francophones…), ce qui avait commencé à nous titiller sur ces quatre canadiens presque inconnus. Faut dire aussi que le groupe est plutôt jeune (moins de cinq ans d’existence) et n’avait pas encore eu l’opportunité de se faire connaître de ce côté-ci de l’océan Atlantique avant ce petit événement : avec seulement deux EP sortis plutôt confidentiellement, leur réputation reste à faire. C’est donc avec une certaine circonspection mêlée d’une touche de curiosité que l’on reçoit enfin ce disque, leur premier véritable album.
On se laisse emporter assez vite par ce quatuor et leurs compos bien efficaces. On est devant un disque de gros rock très calibré, y’a du gras, y’a du volume, y’a de la guitare… Tout ça est puissant et accrocheur, et il est, avouons-le, difficile d’y résister. Bien emportés par la puissance remarquable de l’organe vocal de leur frontman Jon Harvey, les titres sont bien balancés, entre brûlots rapides et percutants (« Psychics », « Boogie »), mid-tempo efficaces et puissants (« The Lion », « Power to the people ») et même titres plus lents pour calmer les esprits (« For the sun », le presque soul « My love is true »). Les bonhommes jouent bien, on a des soli de grattes bien chiadés… Tout roule ! On a même une dose de boogie bien agréable, bien étonnante de la part d’un groupe émanant de contrées si éloignées des torrides états du Sud des Etats-Unis (« Undercover Love », le presque blues-rock « Call it a Spade »). Ceci est à mettre au profit aussi des lignes de clavier très « Hammond-esques » de Brandon Bliss, discrètes au fil du disque, mais qui apportent un son bien particulier en fond de chaque titre (ça peut ne pas plaire à tout le monde…).

Niveau son, et prod, ça déboîte. C’est de la grosse prod, « à l’américaine ». Une belle mécanique quoi. Pour pousser l’analogie automobile, si Fu Manchu c’est la bonne vieille Trans Am Firebird qui va bien décalaminer le pot sur les highway californiennes, Karma To Burn une vieille Ford Mustang vrombissante et qui tient bien les virages serrés, Hermano une grosse Dodge Charger bonne routière propice aux grosses accélérations en ligne droite… et ben au milieu, Monster Truck c’est plutôt une grosse Lexus fraîchement sortie de chez le concessionnaire ! Une jolie bagnole rutilante, bien clinquante, joli design, finition impeccable, et un moteur qui ronronne comme il faut, doté de perfs impeccables sur circuit… Un beau joujou quoi, il y a matière à se faire bien plaisir, et c’est ce qui se produit sur « Furiosity ». Mais ici ou là ça manque un peu de gras et de cambouis pour être complètement excitant ! On aimerait que ça crache un peu, qu’il y ait quelques dérapages pas trop contrôlés qui laisseraient un peu de gomme sur nos cages à miel bitumées…

Même s’il n’est pas à proprement parler un groupe de stoner comme on peut se l’imaginer, Monster Truck propose avec son « Furiosity » un disque qui, s’il manque d’audace au sens « style musical », compense bien par une qualité d’exécution et de composition qui feront faiblir bon nombre d’entre nous. C’est très puissant et très bien fait, et la réputation live du groupe trouve désormais une incarnation sur disque à sa hauteur. Attendons de voir vers quels rivages le groupe poussera son orientation musicale sur ses prochaines galettes pour y apposer ou pas un tampon « Desert Rock ». Pour l’heure, qualitativement, on peut dire qu’il y a du matos…

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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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