Fatso Jetson – Idle Hands

Label : Heavy Psych Sounds (2016)
Chroniqué par Laurent

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Fut un temps, le siècle dernier en gros, où, Fatso Jetson, tête de prou d’un desert rock bariolé emblématique du haut désert californien et de ses émanations les plus barrées, enquillait un album tous les deux ans, peu ou prou, comme autant de classiques jetés en pâture à un public rare (undeground) mais toujours satisfait. Puis le virage des années 2000 vit le barycentre géographique de ce qui commençait à s’appeler stoner se déplacer subrepticement, puis éclater complètement avec l’explosions de combos de provenances et mouvances musicales hétéroclites. Même si Fatso Jetson a survécu à cette période, leur présence musicale s’est raréfiée, diluée aussi car devenus vétérans d’une scène locale qui n’existe plus vraiment en tant que telle et dans sa forme originelle. Il faut désormais attendre plusieurs années entre chaque disque, à l’image de ce nouveau Idle Hands, qui sort 6 ans après Archaic Volume (on ne comptera pas les quelques EP, live et autres amuse-bouches). Dans l’intervalle, Fatso est toutefois redevenu actif en live, avec quelques tournées européennes notamment : le groupe, au line up à géométrie variable, reste une force vive du genre. Le doute subsistait encore quant à leur inspiration dans l’écriture, à confirmer à travers un véritable album de nouvelles compos.

Les premières écoutes, chaotiques, font aussi peur qu’elles font sourire : on a retrouvé le Fatso qu’on connaissait, cet animal baroque et débridé, imprévisible et instable musicalement. Riffs et licks immédiatement mémorables, breaks improbables, chant fiévreux, arrangements rococo ou plus subtils… La musique du groupe est directement identifiable. En revanche, leur inspiration est-elle toujours au rendez-vous ? Après des dizaines d’écoutes insatiables, on peut répondre par l’affirmative, sans ambage. Il y a des titres plus efficaces que d’autres, certes, mais tous s’engramment durablement dans le lobe temporal ; passées les premières écoutes, il deviendra très difficile de les en déloger. Qualitativement, on est bien lotis ici avec des titres qui se placent instantanément dans les meilleures compos du groupe. On pense par exemple à l’instrumental « The Vincent letter », le catchy « Royal Family », le groovy et si emblématique « Nervous Eater » et même le mélancolique instrumental « Seroquel », qui réussit le tour de force de ne jamais verser dans le sirupeux ou l’ennuyeux. Jamais à court d’idées et d’innovations, Fatso, bien aidés par leur producteur Mathias Schneeberger, expérimente, se frotte à de nouveaux arrangements. « Then and Now » par exemple, concentre tout ce que l’on aime chez le Fatso Jetson « classique » (?!), en proposant le subtil ajout de chœurs féminins discrets mais décisifs (ces vocaux, assurés par la propre fille Lalli, assurent une présence tout aussi discrète et bienvenue sur d’autres titres). Autre illustration de cet esprit frondeur : le déjanté « Portuguese Dream », lancinant et rageur, et son chant complètement déjanté.

Bref, en quarante mots comme en mille, ce Idle Hands trouve sa place sans forcer dans le meilleur de la discographie d’un groupe pourtant habitué aux sommets de son art (il y a peu de concurrence dans sa « niche », faut dire…). Dit autrement : si vous n’aimiez pas Fatso Jetson jusqu’ici, leur dernière production ne vous fera pas changer d’avis. Si vous ne connaissez pas ou mal, en revanche, c’est un très bon cru pour découvrir leur univers. Quant aux fans : vous pouvez vous réjouir de la qualité de cette production et des perspectives qu’elle apporte à la carrière d’un groupe manifestement encore loin du déclin.

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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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