Oreyeon – Ode to Oblivion

Label : Heavy Psych Sounds (2019)
Chroniqué par Laurent

On a tous en tête un album-surprise, dont on attendait peu, et qui s’avère être une petite perle cachée. Le deuxième album de Oreyeon est de ceux-là. On est habitués à une certaine profusion de groupes italiens baignant de près ou de loin dans la scène stoner, bien aidée par des labels prolixes (Go Down, Heavy Psych…). Peu filtrés, ces groupes déferlent par poignées, tous les mois, depuis au moins deux décennies… et émergent rarement du lot (vous aurez du mal à en citer plusieurs qui font référence internationale dans le genre) ; raison pour laquelle on avait l’intention de prêter une oreille plutôt distraite à cette sortie d’un énième combo transalpin, a priori destiné à un classement vertical. Heureusement notre professionnalisme et notre rigueur (hein ? Quel melon ?) nous ont amené à pousser un peu plus loin l’écoute de cette galette… et grand bien nous en a pris.

Musicalement, on baigne très rapidement une ou deux décennies en arrière, dans un contexte où les prémices du stoner prenaient forme, et où l’inspiration des groupes associés (en tout cas de ceux qui ne se réclamaient pas du doom) trouvait ses racines dans les bases de Kyuss, de ses émanations californiennes, et de la bouillonnante scène scandinave. De fait, on entend beaucoup de ça sur ce « Ode To Oblivion » : du Kyuss, du Dozer, du Lowrider, etc… Le chroniqueur pressé aura rapidement catalogué le groupe d’une étiquette de vulgaire plagiaire, au pire peu inspiré… heureusement nous ne sommes pas de ce genre et nous avons été au-delà (oui ça va bien les chevilles, pourquoi vous posez la question ?) pour aller chercher un peu plus loin les qualités intrinsèques du disque. Et c’est clairement le talent d’écriture du groupe qui aide à passer cette phase de transition, pour transformer les écoutes suivantes en réelles séances de plaisir quasi coupables. Oreyeon disperse de petites perles de compos au fil de l’album, qui rendent chaque titre addictif : des arrangements, des riffs, des breaks, etc… captivants et foutrement bien vus. Un vrai talent on vous dit ! On est donc sur une vraie qualité de riff, mais aussi un enrobage qui mettent parfaitement les compos en avant. On pense à l’envolée de guitares et les plans quasi space qui viennent compenser le riffing acéré de l’instru « T.I.O. » (qui en soi n’aurait pas détonné sur un bon vieux Karma To Burn), on pense au refrain sur-fuzzé qui vient plomber « Trudging to Vacuity » et son break central qui amène à une section très Kyussienne, on pense au couplet de « Ode to Oblivion » dont les guitares font émerger de nos cervelets replets les sons de groupes comme Solarized (RIP), etc… Y’a du riff, y’a de la fuzz à revendre, mais surtout y’a du groove à tous les étages !

Côté interprétation, on est dans l’efficace, et hormis quelques choix un peu étranges de mise en son de la basse, tout est là et bien là. Point très marquant du disque : ces lignes vocales chargées de reverb, souvent doublées (très probablement un signe de manque de confiance) rappellent souvent Jason Shi de ASG. Etonnamment l’un des atouts de la musique des italiens.

Depuis une bonne dizaine d’années, les bons groupes de ce qu’on appellera « une certaine idée du vrai stoner » sont finalement bien rares (on parle de ceux qui ne seraient pas des émanations directes de groupes des années 70… réfléchissez-y, ça en élimine une bonne partie…). Dans ce contexte, en trouver un ainsi sorti du chapeau, et talentueux qui plus est, compense largement les dizaines d’albums médiocres que l’on écoute en continu sans y prêter attention. Un petit trésor, modeste mais efficace, qui ravira les amateurs de stoner du début des années 2000 en particulier (le vrai !).



Note de Desert-Rock :
   (8/10)

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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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