Volcanova – Radical Waves

Label : The Sign Records (2020)
Chroniqué par Laurent

Tout est surprenant chez Volcanova : leur origine géographique, leur genre musical… et la qualité de leur album ! Contrairement à ce que laisse supposer cette pochette un peu clichée mais sympa, le groupe ne vient pas d’une région richement dotée en plages tropicales ou spots de surf : le trio vient d’Islande, une patrie-île aussi fertile en groupes de stoner qu’en palmiers – c’est tout dire. Formés en 2014 autour du chanteur-guitariste-compositeur Samúel Ásgeirsson, le line up s’est stabilisé ces dernières années, sans toutefois parvenir à s’exporter en concerts au-delà de leur (petite) île, si ce n’est à travers quelques dates écossaises.

La seconde vraie surprise au sujet de ce Radical Waves tient donc au style musical qui soutient cette belle galette (10 pistes pour exactement 45 minutes de musique) : Volcanova est un groupe de stoner ! Un vrai, comme on en voit peu de nouveaux finalement ces dernières années. Mais pas forcément un stoner classique, bas-du-front, binaire et rébarbatif. Le stoner chez Volcanova est le fil rouge ténu, qui donne son liant à 10 compos variées, où l’hybridation musicale tient une large place. On en prend conscience dès l’intro, l’éloquent « Welcome », un instrumental de moins de 2 minutes de pur stoner-doom cliché, riffu et lent comme on aime, qui est enchaîné sans rupture avec le brillant « Where’s the Time », un titre punchy et enjoué, dont la ligne de basse sautillante fait lever les sourcils avant d’entendre l’incisif riffing 6-cordes prendre part au débat. Un peu plus loin, le groupe développe un refrain en chœur (une technique qui peut vite franchir la limite du ridicule, mais bien maîtrisée ici, ainsi que sur d’autres passages du disque, à l’image du refrain de « Super Duper van » ou de celui de « Stoneman »), puis un petit solo de fort bonne tenue vient joliment clôturer le titre, finalement bien représentatif de la production du groupe – même si c’est réducteur, un paquet de plate-bandes musicales étant foulées par nos sympathiques nordiques au fil de ces compos hautes en couleur.

L’ensemble est solidement renforcé par une armada de riffs, tous plus heavy et catchy les uns que les autres, clés de voutes de compos qui n’en demandaient pas tant : « I’m Off », « Stoneman », « M.O.O.D. »… Tout cela dépote proprement, sur des rythmiques tout aussi variées, allant du plus excité (« Sushi Sam », qui aurait pu trouver sa place sur un vieux Fu Manchu, période insouciante) au plus lent (« M.O.O.D. » dont certains plans sont une belle démonstration doom). Cerise sur le gâteau, un vrai travail est proposé sur les guitares, qui donne un vrai relief aux morceaux : soli en pagaille (plusieurs techniques), plans en harmonie, travail sur les sons…

Comble de l’audace, le combo n’hésite pas à utiliser des artifices aussi saugrenus (!) que le « tapage de mains » ou la mythique cowbell, et va orner ses titres de plans jazzy ou prog, sans qu’on n’ait, jamais, rien à y redire.

Bref, penchez-vous sérieusement sur ce combo, dont le disque, sur un petit label, ne devrait malheureusement pas faire parler autant qu’il le mériterait. Vous ferez non seulement œuvre utile, mais aussi du bien à vos cages à miel – garanti sur facture.



Note de Desert-Rock :
   (8/10)

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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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