Bismarck – Oneiromancer

Label : Apollon Records (2020)
Chroniqué par Laurent

Décidément, les groupes norvégiens se sont illustrés ces derniers mois, et le dynamique label Apollon Records n’y est pas pour rien. Leur nez (ou leur oreille plutôt) a su flairer et mettre en avant quelques groupes bien séduisants qui nous font considérer un peu différemment l’ensemble de la Scandinavie, en allant regarder un peu au delà de ces parfois un peu énervants suédois… En l’occurrence, l’occasion nous est donnée de découvrir le très bon second album (même si le premier ressemblait plus à un EP qu’à un LP) de ce lugubre quintet de la région de Bergen.

Il s’en est pourtant fallu d’un cheveu qu’on passe à côté : la faute à une première plage, « Tahaghghogh Resalat », en droite et pleine provenance du moyen orient. Il faut dire qu’on a toujours du mal à assimiler le dernier Jucifer [pour info et hors sujet : le groupe de sludge épais et brutal vient de sortir un album complet… de pure musique orientale, une hérésie…] et on se voyait déjà partir à nouveau dans cette veine. Heureusement, après 4 minutes, un véritable déferlement de haine brute, un tombereau de doubles croches boosté aux blast beats et aux growls d’outre tombe en mode black metal vient nous cueillir, pour mieux nous envelopper ensuite dans les bras chaleureux du plus tortueux blackened doom. Raaaah lovely… Le titre se prolonge sur un riff doom plus convenu, mais ô combien bienvenu, servi occasionnellement par de subtiles envolées mélodiques… Tout ça sur un même morceau, on réalise avec un peu de recul que ce n’est plus de l’équilibrisme ni du grand art, mais bel et bien de la folie brute – sur 9 minutes éprouvantes.

« The Seer » qui enchaîne nous apporte exactement ce qui faut pour nous rassurer dans notre périple : un riff velu, bas du front, dense et tendu, des ces riffs qui vont vous aplatir les molaires sur 5 minutes durant. Sa mise en son, brute et massive, froide et quasi chirurgicale, est l’œuvre de Chris Fielding (Conan) qui apporte exactement la production pertinente à cette trop courte galette de 35 minutes.

La face B présente un groupe mature dans ses choix, confirmant la riche introduction du disque : Bismarck déroule peu ou prou la même recette, piochant dans le grimoire de référence du petit doomeux illustré, tout en en actionnant le poisse-omètre sur le mode « hyper gras », mêlant avec bonheur plans atmosphériques, passages mélodiques et rage froide. Et que dire de ces emprunts mesurés au psych rock ou même à la musique folk, sincères séquences d’accalmie préparant à une nouvelle furie guitaristique, généralement auréolée des terrifiants vocaux de Torstein Nørstegård Tveiten.

Il n’en faudra pas plus pour confirmer la place de Bismarck dans la jeune garde du doom européen, un doom riche d’hybridation, audacieux et fidèle à ses racines : sombre, froid, terrifiant… mais beau ! Jamais le groupe ne se perd dans la facilité, le riff grossier ou le gimmick un peu trop forcé : si l’album est imparfait, c’est toujours au profit de cette petite touche de frénésie qui distingue les grands albums des bons albums. Rajoutez-moi 10 minutes du même niveau à cette galette et c’est un aller simple pour le Valhalla.



Note de Desert-Rock :
   (8/10)

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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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