Smokey Mirror – Smokey Mirror

Label : Rise Above Records (2023)
Chroniqué par Laurent

En termes de musique inspirée des grandes heures 70’s (voire un spectre couvrant un bout des 60’s jusqu’aux 80’s), on peut assurément avoir confiance dans l’appréciation de Rise Above Records. La maison de Lee Dorrian, bien tenue, est au global la démonstration d’une réelle intégrité dans le genre, et même si le prisme musical de ses groupes couvre un nombre de genres musicaux significatif, le frontman de feu-Cathedral a rarement été pris à défaut concernant la qualité de ses productions. Se jeter sur cette galette est donc une opération que l’on considère « sans risque ».

Le diagnostic confirme vite cette hypothèse : qualitativement, on est bien sur une fort séduisante formation, un trio-devenu-quatuor qui propose un heavy rock 70’s d’école. Un groupe jeune toutefois (c’est leur premier LP, après une paire de formats courts sortis sur ces quelques dernières années), en provenance d’un terroir propice  aux petites perles musicales comme aux pires calamités : le Texas. On vous rassure, on est plutôt dans le premier cas ici.

L’énergie déployée sur cette galette, les différentes pistes musicales explorées, rendent l’écoute de ce premier effort parfois un peu confusant. Ça commence par le très énergique « Invisible Hand », un petit brulot de power rock 70’s drivé par une batterie frénétique emmenant une rythmique heavy blues à fond les ballons, et larvé de soli débridés absolument jouissifs pendant presque 5 minutes. Une bien belle entrée en matière, en somme. Le titre suivant « Pathless Forest » montre une autre facette du groupe, un titre plus posé (on est quand même un peu plus rapide que du mid-tempo classique…) mais reposant sur un gros riff principal et une ligne vocale / refrain implacables (l’occasion de mettre en lumière le chant rocailleux de Mario Rodriguez, absolument enthousiasmant). Probable point culminant du disque, « Sacrificial Altar » vient coiffer l’ensemble de toute sa majesté, bien servi par un gros riff sur plus de trois minutes, puis enchaînant une succession de séquences stylistiquement sans queue ni tête, tout en déroulant des tombereaux de soli orgasmiques dans des genres très variés.

Et ça continue ainsi dans un torrent musical littéralement débridé, sur 9 titres (pour 42 minutes, on est pas loin du Nombre d’Or de la production musicale), où le groupe pioche dans le blues, le psych rock, le hard rock, le jazz (ce break et ce petit solo de batterie sur « Magick Circle », la première moitié de « A Thousand Days in the Desert », le break au milieu de « Sacrificial Altar »…), et même country et flamenco (les titres de transition respectivement « Fried Vanilla Spider Trapeze » et « Recurring Nigthmare »), tout en déroulant sur la longueur une leçon de boogie impeccable – on peut tourner autour du pot comme on veut et essayer de se défaire du cliché, ça reste un dénominateur commun des meilleurs groupes texans.

Bien aidé par une prod efficace et respectueuse de la généalogie du groupe (on retrouve les codes sonores 70’s, y compris lorsque le groupe use de gimmicks assez discutables, comme ce traitement vocal « chevrotant » sur « Magick Circle » et « Sacrificial Altar », à l’image de facéties parfois saugrenues que l’on retrouvait dans certaines productions d’époques), ce premier album ressemble fort à une démonstration de tout le potentiel de cet enthousiasmant jeune groupe. Vous l’aurez compris, l’aspect un peu « chien fou » de ce combo, qui part un peu dans tous les sens, pourra déstabiliser l’auditeur plus habitué à des codes plus clairs et des disques plus « cadrés ». Mais la créativité du groupe, et surtout son talent, font vite pencher la balance du côté « on en reveut ». L’attente qui vient juste derrière est de retrouver le quatuor sur des planches, où leur sens du groove devrait faire un malheur (bien porté par une rythmique que l’on sent propice aux jams et des solistes prometteurs).



Note de Desert-Rock :
   (8/10)

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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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