1782 – Clamor Luciferi

Label : Heavy Psych Sounds (2023)
Chroniqué par Laurent

Si vous ne connaissez pas 1782, quelques traits significatifs de sa musique devraient rapidement vous orienter sur votre attrait ou pas pour la musique qu’ils développent : on est dans du stoner doom d’école, celui des premiers Electric Wizard, poussé dans ses retranchements. Rythmiques super-lentes, guitares telluriques, sons de basse et de guitare pachydermiques, gros riffs gras, une ligne de chant très-très loin bien au fond dans le mix, une batterie minimaliste, un chant lexical exclusivement tourné vers l’occultisme… Tous les ingrédients sont là. Tous. Si vous n’aimez pas le doom, passez donc votre chemin, vous n’aurez probablement pas d’épiphanie avec ce disque. Si vous aimez le doom aventureux, original, hybride, vous aurez du mal à trouver pleine satisfaction ici. Pour les autres, amateurs d’un doom classique, référencé, vous devriez trouver votre bonheur dans ce Clamor Luciferi.

Du riff, du riff, du riff, il nous en tombe dessus par tombereaux : une chanson = un riff, et du costaud. Ça commence par le surgras « Succubus » : gros riff en couplet, subtile déclinaison en refrain, et le reste c’est du lead lent, du break lent, le tout dans une pataugeoire de goudron. « Demons » reprend sur les mêmes bases, puis « Black rites », puis… Ah ben c’est pareil tout du long en fait. Et c’est là que le néophyte aura du mal, peut-être, car cette constance est, souvent, ce qui fait la solidité des disques de doom de cet acabit. Chaque riff est bien ciselé, l’ensemble est bien écrit (quasiment toutes les compos tournent autour des 5 minutes), avec quelques breaks et aménagements qui les distinguent les uns des autres : du coup on ne s’ennuie pas et l’album défile, en boucle, avec un certain plaisir pour le doomster de base (que votre serviteur peut être, parfois). Le headbang (lent) intervient occasionnellement, sans qu’on y pense vraiment, ce qui est bon signe.

Le classicisme proposé le dispute à l’intégrité de l’approche, qui n’est pas à questionner : ces gars font ce qu’ils aiment et ce qu’ils savent faire. Ils le font bien, avec efficacité et conviction. Fondamentalement, on aimerait dire qu’ils apportent quelque chose de neuf, mais ce serait mentir. A contrario, ce serait aussi mentir que de dire que l’album est médiocre et qu’il ne procure aucun plaisir aux amateurs : c’est le contraire… à condition de bien être associé à cette population de niche ! Pour initiés, donc.



Note de Desert-Rock :
   (7/10)

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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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