Caivano – Caivano

Label : (solo) (2023)
Chroniqué par Laurent

Pas de coïncidence : Caivano l’album, par Caivano le groupe… c’est bel et bien l’œuvre solo de l’emblématique guitariste de Monster Magnet, Phil Caivano ! Le six-cordistes est le plus ancien membre de MM encore présent au sein du groupe, hors Wyndorf of course, avec plus de 25 ans de service (on ne comptera pas sa petite pause au milieu des années 2000). 25 ans à sévir à côté du charismatique leader, indéboulonnable machine à riffer, débitant sur chaque concert son lot de bûches en lead et en rythmiques, bref, un personnage désormais impossible à détacher de l’image et du son Monster Magnet…. a priori ?? Car la question est bien là, au moment de découvrir ce premier disque solo : quelle est la vraie contribution de Caivano à Monster Magnet, finalement ? Le groupe est tellement incarné par Dave Wyndorf, figure tutélaire écrasante, omniprésente, et seul compositeur affiché du groupe… Difficile d’appréhender la réelle contribution de l’ensemble des autres musiciens derrière leur légitime leader. Bref, le gars n’a pas d’existence hors MM. Deux titres jetés discrètement en pâture sur Youtube il y a quelques semaines ont préparé le terrain à ce véritable LP complètement autoproduit par le musicien, qui se retrouve ici derrière tous les instruments ET le micro (exception faire de la batterie, laissée entre les baguettes du vieux copain Pantella).

Le premier diagnostic est sans ambigüité et s’impose à nous (et ce lancement sur « Come and Get Me » met immédiatement l’église au milieu du village): il y a une véritable communion musicale entre Caivano et Monster Magnet, un trait d’union existe sans ambigüité entre les deux formations… reste à savoir dans quel sens ! Est-ce le guitariste qui a apporté ce son au groupe, ou bien est-ce qu’il s’est tant immergé dans la musicalité de l’aimant monstrueux au point de ne pas pouvoir s’en affranchir et développer sa propre identité ? Notre conviction : même si les deux facteurs sont probablement concomitants (on parle de 25 ans de mariage musical quand même !), on penche pour la première hypothèse. Il suffit de balayer l’évolution musicale de Magnet pour réaliser que le son du groupe a commencé à évoluer autour de son arrivée, à partir de Powertrip, passant progressivement d’un « stoner / space rock psyche » à un son et des compositions plus costaudes, dans le style que l’on connaît désormais, bien rodé depuis plus de deux décennies maintenant. On va pas vous faire le coup de la poule et l’œuf, mais il est évident que Caivano a participé à ce son… et on le retrouve largement dans les compos de cette galette !

En revanche, on pourra aussi noter que la propension aux titres à rallonge parfois présente sur certains morceaux de MM ne vient pas forcément des velléités du guitariste : avec dix titres pour 33 minutes, Caivano va à l’essentiel et ne brode pas. L’échantillon proposé est très plaisant, vraiment bien foutu, avec certains titres certes plus anecdotiques, mais aussi de vrais petites joyeusetés, avec du riff à ne plus savoir quoi en faire, et ces rythmiques affolantes au groove absolument emblématique de son groupe de cœur : « Lay in the Sand » et son côté rock sudiste, « Come and Get Me », « Now is Forever »… Côté musical et instruments, évidemment on aura du mal à critiquer le bonhomme dès qu’il a un manche et des cordes pour jouer : il nous rappelle aussi qu’il ne se cantonne pas aux rythmiques chez Magnet, et propose ici quelques impeccables soli bien old school (« Heroes », « You Will Wait », le presque punk « Verge of Yesterday »…). Concernant son chant, agréable surprise aussi : évidemment il ne peut pas se prévaloir de l’outrance et du coffre de Wyndorf, mais il s’en tire plus qu’avec les honneurs, avec même des passages assez bluffants – d’efficacité plus que de technique (et d’autres passages un peu plus en retrait il est vrai, comme ce « You will Wait » et son chant chargé en effets/reverb, « Talk to the Dead »…).

Bref, Caivano le disque est une vraie réussite, une petite perle old school, une production modeste et honnête, imparfait mais sans fard, qui évidemment devrait en premier lieu contenter tous les fans de Monster Magnet… et plus généralement les amateurs de hard rock cosmique au son un peu plus garage, où la guitare se taille évidemment la part du lion.

 


 



Note de Desert-Rock :
   (8/10)

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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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