Suplecs – Hymns Under A Blood Moon Sky

Label : Ripple Music (2026)
Chroniqué par Laurent

Suplecs, c’est un peu le vieux groupe que pas grand monde ne connaît/écoute. Pourtant, le trio américain trace sa route depuis maintenant 30 ans ! Certes, leur activité discographique est pour le moins sporadique, et leur présence scénique est à la fois rare et en majorité centrée autour de la Lousiane, leur mère-patrie… Loin des yeux, loin du cœur ! Par ailleurs, le style musical de la formation peut apparaître un peu décalé : même s’ils sont issus de la Nouvelle Orléans, ils ne font pas de sludge, et ils sont trop loin du Texas pour se prévaloir de ce groove bien particulier, les rendant difficile à cataloguer… Ces facteurs participent à expliquer cette situation un peu particulière, quelque part entre le succès d’estime et le statut presque-culte. Quand le premier argument du speech promo repose sur « avec l’ancien bassiste de Eyehategod » (alors que Danny Nick n’a passé que 2 ans dans la formation sludge louisianaise…), on prend la mesure de la difficulté à attirer le chaland…

Pourtant le groupe a du fond de jeu et leur musique ne manque pas d’intérêt. Les compos sont courtes, nerveuses et très variées, s’appuyant sur un large spectre d’influences, dans lequel le groupe se jette sans aucune réserve, bien aidés par une belle panoplie de guests sur des instruments pas forcément communs sur ce type de musique (plusieurs types de cuivres notamment, des cordes…). Le socle musical sur lequel s’appuient la plupart des chansons est constitué de riffs solide (« Mountain », « Pentacle Star », « Damn These Pills »…) et d’une rythmique amenant ce petit groove « sudiste » bienvenu (voir « Got Nothing » et son petit leak de guitare associé au riff principal, le mid-tempo « I See You », « Blackwater Rising »…). A partir de là, le trio va picorer du côté du doom (« Forest of Fire », « Damn These Pills »), du heavy rock classique (« No Apologies »), du noise rock (« Heartless Bodies »), mais aussi du… punk rock festif (ce « 6$ Man » au refrain réminiscent de… Sugar Ray ?!). Alors forcément, à tirer un peu dans tous les sens, parfois on vise à côté, à l’image de ce nonchalant et pas désagréable « Old Spanish Trail », qui, du long de ses presque 7 minutes (titre le plus long du disque) nous emmène un peu loin de nos sentiers de prédilection – c’est OK sur une petite plage de transition, mais trop long ici…

Intégrité, inspiration, humilité, passion… tout ça transpire dans la longévité du groupe, et dans cet album. Mais si le respect ne suffit pas pour vendre des disques, on peut toujours se reposer sur la qualité de la musique – et sur le sujet, Suplecs ne déçoit pas : sans exubérance mais avec une franche ouverture d’esprit, ils proposent une poignée de compos solides et efficaces qui feront la joie des amateurs de heavy rock charpenté et fuzzé. La diversité, bien au rendez-vous, charrie son lot de désagréments, avec quelques titres qui séduiront moins les uns et les autres. Mais globalement, la qualité est au rendez-vous et cette galette, modeste mais efficace, représente bien le Suplecs de 2026, et l’on y revient avec envie.

 


 



Note de Desert-Rock :
   (7.5/10)

Note des visiteurs :
   (8/10 – 1 vote)

(Pour donner votre note, cliquez sur le nombre de cactus voulus)


Partager cet article :
Voir toutes les chroniques de :
 
 

  •   English version



On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

Voir plusVoir moins

Voir sur Facebook