Oreyeon – The Grotesque Within

Label : Heavy Psych Sounds (2026)
Chroniqué par Laurent

En une grosse dizaine d’années (on n’est plus sur un jeune groupe), Oreyeon ne s’est pas encore frayé un chemin vers les sphères séduisantes de la célébrité et de la reconnaissance internationale. Pourtant, sans aucun faux-pas, ses albums jusqu’ici ont à chaque fois montré une belle qualité et, toujours, une progression. Il ne nous en fallait pas plus pour se jeter avec intérêt sur cette nouvelle galette des italiens.

La profusion de formations transalpines qui se réclament de la scène stoner/doom/sludge impose le respect et un peu l’étonnement pour le novice. Or c’est vite oublier la riche histoire de ce pays en tant que contributeur de notre scène musicale de prédilection, et ce depuis plus d’une grosse génération au moins. De même, de nombreuses structures sont installées dans la Grande Botte pour permettre de soutenir et développer ces talents (la francophonie a vraiment de quoi rougir, en termes de quantité, sur ces deux aspects). En revanche, on croit trop souvent et trop vite que tous ces groupes se ressemblent, aspirés dans une veine stoner sablonneux et psych un peu passéiste, que l’on s’imagine volontiers en image d’Epinal, avec des groupes jouant sur les plages de sable de Piscinas au coucher de soleil… Dans l’ombre de ces encombrants clichés, plusieurs formations, dont Oreyeon, font preuve de fraîcheur, voire d’originalité. S’il est difficile de ne pas parler de stoner à l’écoute des murs de guitare fuzzées qui sortent des haut-parleurs, Oreyeon en propose une déclinaison qui lui est propre. Plus qu’à son tour, on pense à feu-Alastor, formation scandinave qui proposait elle aussi une qualité d’écriture hors norme ; dans un courant musical un peu différent, les italiens transcendent leur musique grâce à un travail de composition bien plus abouti que le commun des formations qui croisent nos oreilles. Résultat, les chansons de The Grotesque Within vous accompagneront longtemps après avoir écouté l’album : les mélodies sont accrocheuses, et chaque nouvelle écoute ravive le plaisir de les découvrir à nouveau.

En outre, le groupe barde ces mélodies séduisantes d’atours encore plus accrocheurs : des arrangements sympa, petits apports sonores originaux ici ou là qui apportent un peu de relief au son, mais surtout des plans audacieux, qui viennent accompagner et structurer leurs compositions. Qu’il s’agisse de breaks venus de nulle part, de changements de tonalités ou de rythmes atypiques, tout est pertinent et efficace.

Si, musicalement, tout le monde est au rendez-vous (bien aidés par une prod plus que solide), le chant s’avère être aussi l’un des marqueurs forts du groupe, Richard Silvaggio s’avérant être un vocaliste efficace, dont les lignes sont parfois agrémentées d’un support en chœur qui ajoute encore en amplitude sur plusieurs refrains ou couplets.

Tout n’est certes pas rose et The Grotesque Within n’est pas parfait : ses 36 minutes en appellent un petit peu plus pour l’auditeur gourmand, et quelques titres séduisent un peu moins (à l’image de « Nothing but Impurites – Part 2 » pour votre serviteur). Mais il faudrait être sourd pour ne pas goûter à leur juste valeur des petites perles comme cet enchaînement de roi « Echoes of Old Nightmares » / « Nothing but Impurites – Part 1 » ou encore le glorieux morceau-titre un peu plus loin, entre autres.

The Grotesque Within est donc une galette de grande qualité, qui méritera bien mieux que le traitement modeste qui lui sera probablement réservé (faible aura médiatique, faible présence scénique du groupe). Une vraie rondelle de plaisir qu’il ne tient qu’à vous de vous offrir.

 


 



Note de Desert-Rock :
   (8/10)

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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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