Goatsmoker – E.R.I.S.

Label : Vinyltroll Records (2026)
Chroniqué par Laurent

Soyons honnêtes : il y a des albums sur lesquels on se jette avec plus d’envie que d’autres. Quand on tombe sur un groupe qui se prévaut de faire du doom metal et qui choisit comme nom Goatsmoker, tandis que l’on voit chaque jour défiler dans nos écouteurs des dizaines de groupes qui se répondent stylistiquement, entre influences, hommages, ersatz ou plagiat, et bien on vous l’avoue : on ne déborde pas d’enthousiasme a priori. Le quatuor est implanté à Copenhague, ce qui pique un peu notre curiosité quand même – les formations scandinaves sont nombreuses à évoluer dans notre esthétique musicale de prédilection, mais plus souvent en provenance de Suède, voire de Norvège, mais bien plus rarement du Danemark.

La musique de nos doomsters venus du froid (un froid relatif, au vu du réchauffement climatique…) a pourtant de quoi séduire les esthètes du doom-game. On peut accorder une importance relative aux étiquettes, toujours est-il que l’on n’est pas ici dans du doom metal comme on l’entend généralement : un peu à l’image d’un Bismarck, dans la démarche, la formation pioche dans l’ensemble des pans les plus gras, lourds et lugubres du doom pour alimenter sa musique. Stoner doom, sludge, un peu de funeral, tout y passe.

Composé de 5 titres (pour 40 minutes), ce second album s’avère fort bien ciselé, et fait habilement la démonstration que cette plateforme stylistique, a priori un peu foutraque, ne s’apparente pas à un capharnaüm de genres musicaux jetés en vrac. Proposant un vrai travail sur les rythmiques (on peut retrouver sur un même titre des breaks d’une lenteur abyssale, fracassés par des fulgurances énervées), Goatsmoker sait aussi pondre son lot de très bons riffs et construire son édifice mélodique avec efficacité, aérant ses structures de breaks mélodiques (le pont en son clair de « Entropy Reigns in Silence », bien vu) ou plombants (celui de « Cursed » en mode funeral doom en son milieu, efficace pour refroidir les ardeurs…). Bien épaulés par une production de très bon niveau pour mieux retranscrire cette atmosphère lugubre et poisseuse, les musiciens sont efficaces, et le chant de Andreas Krohn, brutal et guttural à souhait (voir les glaireux « Dakhma » ou « Gods of Gunzilla »…), vient finir l’ouvrage telle la deuxième lame d’un rasoir rouillé.

Comme quoi, derrière un sobriquet peu heureux, peut se cacher un groupe de belle qualité ! Il est en conséquence fort recommandé de laisser sa chance à ce second album de Goatsmoker, un groupe qui, s’il dynamise un peu sa gestion de carrière (visibilité, tournées…), a un sacré paquet d’arguments à faire valoir.



Note de Desert-Rock :
   (7.5/10)

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