Hellfest 2026 – Jour 1 Valley (Kadavar, Uncle Acid & The Deadbeats, Elder…)- 18/06/2026

Chronique de

Il est temps pour nous de reprendre la route du vignoble nantais pour participer à la grand-messe du métal et honorer une fois de plus notre chère Valley Stage. Le weekend s’annonce aussi prometteur que critique d’une part grâce au line-up d’autre part à cause des conditions météorologiques qui s’annoncent caniculaires. Mais que ne ferions-nous pas pour vous faire profiter de ce festival au travers de nos mots?

 


TRUCKFIGHTERS

Déjà en sueur au moment de monter sur scène, Truckfighters entame « Mind Control ». Le groupe prend une place bien singulière pour une machine à fuzz au long cours avec cette ouverture à 16 heures. Mais son aura dépasse les frontières de la Valley et déjà de nombreux festivaliers se pressent devant eux.

Leur set, autant que celui déjà vu sur cette tournée, est solide. Et 50 minutes ne laissent pas grande place à l’originalité. Clairement, l’enchaînement « The Bliss », « The Gorgon » et « Carver « est offert pour promouvoir le dernier album. On ressent que le poids des ans pèse sur les épaules des Suédois, comment pourrait-il en aller autrement ? Il suffit de voir la rotule de Dango entourée de ce qui semble être du chatterton pour lui permettre de sauter encore. Même si le groupe ne peut donner plus d’énergie qu’il n’en a, « Desert Cruiser », traditionnelle conclusion, démontre qu’un seul titre peut enflammer la fosse et porter un groupe aux nues.


ELDER

La formation débarque dans la Valley sur des bandes bien datées tandis que des vagues de curieux déferlent pour garnir la place déjà bien peuplée en raison du CV du groupe ainsi que de l’excellente nouvelle ogive du band. Le slot est contraint et c’est une certaine sélectivité qui a été nécessaire pour le groupe afin de piocher 4 titres pour ce set en plein soleil axé sur la dernière production en date Through Zero encore au rayon frais chez votre disquaire préféré.

Axé sur leur discographie récente et donc renouvelé depuis nos dernières rencontres par ici, le groupe ne nous gratifiera pas de sa marterpiece, ce qu’une partie de la rédaction regrettera tout en saluant l’audace de la bande de Nick Disalvo qui décline une prestation empreinte de virtuosité.

Ce show aura été dégusté par certains lovés dans l’herbe dans les – trop – rares zones d’ombre tandis que d’autres auront profité de nager sur la foule lors des passages un peu plus pugnaces !


THE INSPECTOR CLUZO

Beaucoup verront dans l’incursion d’Inspector Cluzo un heureux dérapage. Le groupe ratisse large avec son rock blues mâtiné de funk. Accessoirement musiciens, surtout agriculteurs, à moins que ce ne soit l’inverse, le duo rend hommage à un proche disparu, à la paysannerie de bon sens et fait rôtir de plaisir un public aux rangs plus serrés que ceux d’un champ de blé prêt à faucher.

Si leurs albums les éloignent quelque peu de notre ligne éditoriale, force est de reconnaître que leur set live les en rapproche et nous pousse à les recommander chaleureusement dans ces circonstances.


UNCLE ACID & THE DEADBEATS

Étonnamment, la Valley est clairsemée, la faute à Deep Purple et Papa Roach sur les Mainstages, à n’en pas douter. Tant pis pour les absents qui rateront un set qui s’annonce déjà bien rodé, introduit presque classiquement par « Waiting for Blood », et qui surenchérit avec une interprétation de haute volée de « Death’s Door ».

Juste le temps d’arriver à l’heure du rôdeur, alors que le soleil se couche et que la lune apparaît pile au-dessus de la Valley, Uncle Acid révèle qu’il s’est doté d’une nouvelle Dead Beat. Une choriste au look gothique et aux talents multiples. En effet, la nouvelle venue, Rachel Burnett, tient les chœurs, les claviers et le saxophone. Sa voix apporte une teinte nouvelle aux titres lives, particulièrement notable sur « Bedouin ». On se prend même à penser qu’elle représente peut-être une force nouvelle, un véritable bol d’oxygène pour le groupe.

Les sets étaient habituellement plutôt rythmés par les gesticulations du bassiste. Ce soir, même Kevin Starr sort de son habituelle neurasthénie pour hausser les épaules en rythme ou s’agiter avec un sérieux presque surprenant sur « Pusher Man » ou « Melody Lane ». Avec cette évocation, vous comprendrez que la setlist tape dans du solide, avant de conclure sur « I’ll Cut You Down ».

 


KADAVAR

Dire que le groupe est attendu est un euphémisme. La Valley est bondée. On entend souvent dire : « Kadavar ? Bah, déjà vu ! ». Pauvres fous. Les Berlinois vont offrir ce soir un set rare.

Entièrement à contre-jour, Simon Dragon en majesté, le quatuor entame « All Your Thoughts », où la voix de Christoph Lupus atténuée de Reverb sonne étrangement.

Chaque titre prend d’ailleurs des airs inconnus, que ce soit « Black Sun » ou « Last Living Dinosaur » : le tempo semble ralenti, le ton décalé par rapport à l’habitude. Et c’est un sans-faute, à en juger par la pluie de slammers qui défilent dans les bras des challengers, ces gars bienveillants de la sécurité derrière les crash barrières.

Le groupe profite de l’occasion pour jouer du neuf avec « Skeleton Blue »s, suivi de « Total Annihilation », qui pulvérise la foule tout en la faisant planer dans une interprétation surboostée de son passage psychédélique généreusement épaulés par le clavier de Jascha.

Au final, on s’époumone sur « Die Baby Die » et nous ferons remarquer aux détracteurs du groupe que chacun de leurs albums contient au moins un morceau capable de devenir un hymne en live. Pour le reste, ce set, bien trop court, se prolongera au moins pour un heureux qui recevra des mains de Lupus une cassette audio fraîchement enregistrée sur scène. Un cadeau du groupe à ses fans qui enregistrera ainsi chaque concert à venir.

D’ores et déjà, on vous l’annonce : nous avons assisté à l’un des meilleurs concerts du week-end et, pour certains festivaliers, à l’un des meilleurs qu’ait pu offrir Kadavar depuis plusieurs années.


Cette première demi journée se termine pour beaucoup les yeux rivés sur les écrans de la main stage où se déroule un hommage à Ozzy. Seule manque à l’appel sa femme Sharon qui a du rester aux états unis pour raisons médicales, souhaitons lui un prompt rétablissement.

 

Textes & Photos : Chris & Sidney Résurrection



Partager cet article :
Voir toutes les chroniques de :
 
 

  •   English version