Il n’y a pas grand-chose de particulièrement enthousiasmant, en première approche, dans la perspective de se plonger dans le disque d’un one-man band néerlandais de stoner doom. Les a priori… Jamie Kobić, musicien discret impliqué dans plusieurs projets musicaux, a fait germer Svjetlost (à vos souhaits) durant la période COVID (une époque particulièrement propice aux musiques énergiques et enjouées et aux thèmes optimistes et fun) avec notamment une forte inspiration de la musique traditionnelle de Bosnie Herzégovine (peu audible pour le commun des mortels, soyons honnêtes).
C’est donc dans une perspective assez sombre que l’on enfourne ce disque pour en apprécier les premières écoutes… qui ne surprennent pas beaucoup, finalement. On est très vite immergé dans le doom lent et sombre que l’on imaginait, froid et poisseux. A ce titre, s’il est probablement l’un des moins marquants des quatre morceaux du disque, « Above the Mountains » joue bien son rôle d’introduction et nous fait bien baigner dans l’atmosphère de Svjetlost (à vos souhaits) – reconnaissons-lui la qualité d’un riff remarquable néanmoins. « Lands of Suffering » qui suit, propose plus de nuances et de modulations, faisant écho aux propositions scandinaves (Norvège notamment) en termes de stoner doom « moderne » : travail sur le son, passages ambiants, emprunts très légers au post-rock… on pense aussi à Yob ici ou là. En se reposant sur cette délicate montée en tension (7 minutes tout de même…) Kobić installe sa trame mélodique (gros riff bien froid sur lit de feedback) qui fonctionne très bien. Le schéma n’est pas différent pour l’intro de « The Golden Lillies », aérienne au possible, fluette même, avant de se retrouver baigné dans un plan de doom aux penchants post metal : les attaques d’accords de guitare de Kobić dressent alors une séquence mélodique à base de plans lancinants et répétitifs, sur lesquels il positionne sa ligne de chant pour amener un peu de hauteur. Ca fonctionne à nouveau très bien. Arrive enfin le dernier morceau de la galette, où cette fois la tension est installée dès le début, propice à voir débarquer de gros riffs bien gras, servis par des attaques de batterie nerveuses (et un chant crié pas complètement maîtrisé, mais bien adapté toutefois). Les plans instrumentaux s’enchaînent, avec certaines séquences assez aériennes, pour mieux servir des plans de doom, toujours assez proches du post metal, toujours lancinants, toujours lourds…
S’il s’inscrit dans une tendance de stoner doom assez moderne, et presque endémique des pays d’Europe du Nord, Svjetlost (à vos souhaits) propose un disque très intéressant, même s’il n’apporte pas d’originalité radicale. L’intention musicale a beau être humble, la réalisation est de belle qualité. Le goût du riff est prépondérant, la mise en son est simple mais très efficace, et vient bien servir des compositions empreintes de plusieurs socles d’influences allant du doom au post-metal. L’écriture et les compos sont assez riches pour susciter de nombreuses écoutes, sans jamais ennuyer, ce qui est un piège courant dans le style. Un disque fortement recommandé aux amateurs du style.
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