The Machine – Another Sun

Label : Awe Records / Stickman Records (2026)
Chroniqué par Laurent

On aurait aimé que la carrière et la visibilité de The Machine décollent un peu plus après son très bon Wave Cannon, sorti il y a un peu plus de trois ans. Mais le support limité d’un petit label et les rares concerts proposés par le groupe ces dernières années (a fortiori hors de l’axe Pays-Bas / Allemagne) n’ont pas amené de changement visible de ce point de vue. C’est donc avec un enthousiasme sincère que l’on accueille le nouveau disque de ce trio qui ne déçoit jamais (jusqu’ici). Modeste évolution à signaler : le batteur a changé depuis l’album précédent, même si dans les faits Klaas Dijkstra est déjà dans le groupe depuis longtemps, et notamment dans ses dernières incarnations live. Et dans tous les cas, nul n’est dupe, The Machine est et reste porté par David Eering, « mastermind » extraordinaire à l’origine de sa création, guitariste virtuose et inspiré, et, depuis ce disque, à la manœuvre aussi derrière l’enregistrement (Another Sun est leur premier disque enregistré dans son propre studio). Notons aussi que le groupe s’appuie désormais sur le label Stickman records (Elder et autres…) pour une partie de sa distribution.

Another Sun est déjà le huitième disque d’une discographie sans accroc. Il contient cinq chansons, un standard assez classique pour la formation des Pays-Bas, avec des titres souvent assez longs. Musicalement, le disque se situe un peu comme si Wave Cannon, son prédécesseur, qui marquait un pas de côté en termes d’écriture (des influences U.S. notamment, plus marquées) était venu enrichir une base d’influences profondément ancrée dans le stoner rock / psyche européen du début de siècle ; Another Sun ne marque pas de retour en arrière, mais plutôt une affirmation stylistique, une confirmation musicale, enrichie de leur parcours. Derrière ce blabla ampoulé, concrètement, on retrouve cette déclinaison devenue familière de psych rock nerveux, qui mêle avec un talent rare (inégalé ?) des versants riffus nerveux et acérés, et des plages psych / prog aériennes.

Ca commence même (très) confortablement dans la droite lignée de leur discographie avec ce « Drop/See » aussi fuzzé que fiévreux, qui repose sur un riff colossal et prend le temps d’aménager quelques plages de leads délicieux. Clairement, en huit minutes, le ton est donné, et on est en terrain familier. Le titre est enchaîné au très groovy « Evolver », morceau rapide mais mélodique et emballant, à la rythmique entêtante, qui culmine en son milieu par une section de leads jouissive où Eering montre, encore, un talent incroyable.

La face B est composée de deux titres de plus de onze minutes chacun, un peu plus progressifs et aventureux dans leur structure, permettant des pérégrinations jammesques débridées, plus copieuses. On y notera toutefois un « Echo Through » plus lent, très beau et traversé de quelques vrais moments de grâce, mais manquant un peu d’identité (le titre s’oublie assez vite).

Mais on est sur de la nuance ici, et globalement Another Sun est encore une fois une superbe pièce apportée à cette solide discographie. The Machine est un groupe anormalement sous-côté (s’il entrait en bourse, on vous conseillerait d’investir, il n’est jamais trop tard !). On se cantonnera simplement à vivement vous encourager à les écouter (bandcamp ci-dessous) et à très vite embrayer sur l’achat de leur galette. Si, en plus, ils pouvaient nous gratifier de quelques unes de leurs fiévreuses performances live, l’affaire serait d’autant plus belle. Croisons les doigts.

 


 



Note de Desert-Rock :
   (8.5/10)

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