Humulus – Smuggler’s Cave

Label : Ripple Music (2026)
Chroniqué par Laurent

Quelle étrange carrière que celle de Humulus : le trio italien a fait ses premiers pas en laissant une impression de groupe de stoner rock un peu potache (avec un champs lexical très focalisé sur la consommation de bière, dont ils promouvaient même en concert leurs propres bouteilles), et au fil des années, et après de nombreux changements de line up, leur ambition et leur posture a évolué (le passage à l’âge « adulte » a probablement aidé). On pensait le point culminant atteint avec leur album précédent, le très bon Flowers of Death, sur lequel ils présentaient rien moins que leur… nouveau frontman (guitare et chant), un changement énorme, de nature à fortement impacter la musicalité d’un groupe ! La présence (et l’influence) de Thomas Mascheroni sont confirmées sur ce nouveau disque, qui fait par ailleurs état du départ du bassiste Giorgio Bonacorsi… le dernier membre fondateur du groupe ! On se retrouve donc en présence d’un groupe qui musicalement n’a plus rien à voir avec ce qu’il proposait sur son début de carrière, et avec plus aucun membre originel ! Mi-cocasse, mi-saugrenue, la situation nous incite en tout cas à l’écoute attentive de ce nouveau disque, par ailleurs signé sur le label U.S. Ripple.

Le disque présente une facette plus affirmée que sur son prédécesseur, mais en confirmant ses orientations et le virage emprunté à l’époque. Les aspects psych rock restent présents, mais les plans les plus aériens et propices aux jams se sont un peu résorbés. Humulus redevient un groupe de stoner rock un peu plus classique, ce qui n’est pas péjoratif – on y entend par exemple beaucoup plus de plans emblématiques de la scène suédoise du début de siècle (le travail de guitare à la Dozer, comme sur « Standing in the Sun », ce genre de choses…).

Leur point fort est clairement leur capacité à écrire des titres efficaces, qu’ils soient dans une veine plutôt dynamique (« Blue Wizard », « Pines »…), ou même en mid-tempo (comme pour son morceau titre, incroyablement accrocheur, ou encore le chaloupé « Cursed Man », qui offre aussi la plus large plage psyche de l’album avec ses 8 minutes au garrot). A l’italienne, le sens du groove est toujours prépondérant, et apporte la touche catchy à la plupart des compos (à l’image de l’infectieuse rythmique de « Rise and Fall » propice à des torrents de wah-wah fuzzée du meilleur effet).

On se retrouve donc avec une excellente nouvelle offrande de ce trio, qui mérite clairement qu’on y apporte une oreille curieuse. Ce changement de label leur apportera peut-être cette « seconde chance » qu’ils semblent tout faire pour provoquer depuis quelques années, avec une évolution radicale à plusieurs points de vue, mais qui semble aller dans le bon sens – musicalement tout du moins, et c’est bien tout ce qui nous intéresse ici.

 


 



Note de Desert-Rock :
   (8/10)

Note des visiteurs :
   (0/10 – 0 vote)

(Pour donner votre note, cliquez sur le nombre de cactus voulus)


Partager cet article :
Voir toutes les chroniques de :
 
 

  •   English version