Cinquième album en 18 ans de carrière pour les vétérans anglais du gros rock grassouillet, ce disque vient sept ans après son prédécesseur. C’est un peu toujours la même histoire finalement : un album, une mini-tournée, une poignée de concerts ici ou là (surtout en Angleterre), ils disparaissent du paysage, puis ressortent un nouvel album… Répétez ce cycle en boucle, et vous pouvez décrire en gros la carrière du trio. Le facteur surprise n’y a jamais vraiment joué un rôle prépondérant, jusque dans leur label (jurant fidélité au toujours pertinent Rise Above Records), ou encore leurs pochettes d’albums (avec toujours les personnages à têtes d’oiseaux). Petite fantaisie : c’est leur premier album avec leur nouveau batteur , Glen Stebbings.
Pas de surprise non plus au rayon musical : on retrouve avec un certain plaisir leur mixture de gros rock garage, baigné aux pintes de bière bon marché. Un ou deux riffs viennent structurer le morceau, une rythmique basique vient amener l’ensemble (on est souvent sur du mid-tempo), et une ligne de chant finit d’enrober le tout, avec quelques leads de guitare jamais exubérants.
Tant qu’ils évoluent dans ce cadre finalement bien balisé, les gars sont comme sur une autoroute et enquillent les compos plutôt réussies, à l’image du fédérateur « Sideways Barnacle » et son gros riff gras, du nonchalant mais très accrocheur « Head in a Noose » (qui s’emballe quand même sur un sympa break de leads décomplexés) ou de « Slayed in Full », sur un pattern mélodique très cool.
Mais ne laissons pas se dessiner l’image d’un trio de feignants indolents : des titres plus punchy viennent émailler cette galette, à l’image de ce « Kind Boy » qui débute et se termine sur une rythmique particulièrement emballante et groovy. Et puis il y a cette habitude d’écriture qui les fait pondre des breaks venus de nulle part en plein milieu de leurs morceaux, comme de véritables parenthèses rythmiques et mélodiques, où l’on trouve même des influences psyche. On ne s’ennuie jamais.
Ce The Trouble with the Shovell n’apporte certes pas une pierre décisive ou un point culminant évident à leur discographie, mais il se révèle être un bon album, qui s’écoute avec plaisir. Le trio continue de tracer son chemin avec passion et abnégation, ils visent juste et ça marche.
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