All Them Witches – Dying Surfer Meets his Maker

Label : New West Records (2015)
Chroniqué par Flaux

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Si les Etats-Unis font rêver c’est aussi parce qu’ils ont toujours eu des conteurs de génie pour narrer leur récente histoire. Mark Twain, Bob Dylan, Bret Easton Ellis, Lynch, j’en passe et des meilleurs. Des artistes capables de sublimer les événements et les forces, les détails et les faits, les émotions et les peines d’une nation en construction. Point de vue ethnocentré d’un habitant du vieux continent, certes, mais qui justifie en partie la force de certaines des plus belles narrations outre-atlantique. All Them Witches, par sa musique, fait partie de cette caste de raconteurs d’histoire.

Depuis ses débuts en 2012, le quatuor de Nashville brode de solides petites nouvelles et ce n’est pas leur arrivée sur New West Records, label plus spécialisé dans la folk que le doom qui va infléchir cette tendance. Mais le grand écart qui aurait pu se créer, laissant place à un gouffre artistique, perdant l’auditeur dans un abîme d’incompréhension, n’est pas d’actualité sur cet excellent « Dying Surfer Meets his Maker ». All Them Witches réussit la prouesse d’ingérer quantité d’influences, et de nous les resservir avec cet indéniable talent de composition qui les caractérise depuis leur début.

On traverse ainsi l’album de la même manière qu’on traversait le continent avec Kerouac. Le cul posé à l’arrière d’un pick-up rouillé, à ne jamais vouloir de fin à ce voyage. Le quatuor nous conduit, d’une folk « finger-pickée » à la JJ Cale, en passant par de grands espaces ouverts, bordés de psychédélisme chaud et acidulé.  Ce qui frappe c’est la maturité artistique qui baigne les compositions de ce nouvel album. On trouve, par exemple, des pointes de violons traditionnels, échappés d’une lointaine Irlande-mère, au gré de certains titres, ne dénaturant pourtant pas cet americana psyché, marque de fabrique du génial combo. Maturité aussi dans la cohérence du suivi des titres. Les 9 morceaux passent, tel une discussion, entre causerie et rêverie, de « Call me Star » à « This is where it falls apart », de la mélancolie d’ »Open passageways » aux méandres de l’oubli de « Blood and Sand/Milk and Endless Water ». Narration, je vous dis.

La production de l’album rend d’ailleurs hommage à cette écriture. Simple et précise, elle se fait ponctuation le long des bons trois quart d’heure d’album. La chaleur du grain de voix, cette batterie à la limite du trip-hop 90s, le blues de la guitare et les nappes de claviers, asphalte  et guide nécessaire à la locomotive All Them Witches, tous les effets de production se justifient et donnent du corps à la cohérence de l’ensemble.

Je comprends les esprits chagrins qui pourraient reprocher une fois de plus une chronique positive sur ce webzine mais là, franchement. Je retourne et dérouille cet album depuis trois semaines déjà et je n’y retrouve rien à redire. « Dying Surfer Meets his Maker » est beau, intelligent, multiple et simple pourtant. Il est un sacré voyage, une merveilleuse traversée qui apaise et transporte à chaque écoute. On bave devant l’équilibre entre le côté physique, tactile de l’acoustique qui se dégage et cette sensation de surréalisme dû aux envolées psychédéliques du quatuor,  La classe américaine. Et l’un des meilleurs albums de 2015.

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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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