Backwoods Payback – Future Slum

Label : Autoprod (2018)
Chroniqué par Laurent

Le groupe de Mike Cummings est parvenu à mettre de son côté tous les atouts pour maintenir son statut de groupe méconnu, en particulier de ce côté-ci de l’Atlantique : implantés près de Philadelphie (avec un batteur à quelques centaines de km pour faciliter les choses), le groupe enquille les albums autoproduits (tous sold out en physique), sans distribution solide, et ne joue quasiment que dans ses contrées. Son passage remarquable et remarqué chez Small Stone (avec l’album Momantha, chroniqué dans nos pages) lui a permis de sortir temporairement la tête du nuage de fumée, mais c’était pour mieux s’y réfugier à nouveau dès l’album suivant et y rester encore aujourd’hui. Un fait notable toutefois : depuis son album précédent Fire Not Reason (2016) le trio compte dans ses rangs rien moins qu’Erik Larson à la batterie, le très inspiré guitariste (!) des légendaires Alabama Thunderpussy (aussi auteur d’une poignée d’albums solo remarquables dont certains chroniqués dans nos pages). Le constat est sans appel : le bonhomme est un aussi puissant batteur que six-cordiste ! C’est donc avec une envie légèrement teintée d’anxiété qu’on récupère cette galette pour voir ce qu’elle propose.

Dire qu’on est pris à froid est en dessous de la vérité : Cummings attaque direct à la carotide dès la première seconde de « Pirate Smile », un glaviot heavy bien fiévreux qui attaque direct sur le couplet/riff , sans intro. On sent que ça va pas tortiller des fesses, cette affaire… Enfin, comme rien n’a jamais été complètement simple avec le trio US, la suite est plus nuancée, et plus riche surtout. Pour tout dire, il suffit d’attendre le titre suivant pour en être convaincu,  avec ce « Lines » tout en mid tempo dont le couplet rappellera les années 90 et l’émergence grunge… pour mieux se transfigurer à la moitié du titre en morceau heavy franc du collier, pour une séquence faisant la part belle à une section rythmique impeccablement en place.

Plus loin, le groupe offre sur un plateau le somptueux « Whatever » à Mlny Parsonz, la puissante vocaliste de Royal Thunder, qui partage le chant de ce superbe mid-tempo avec Cummings. Loin du featuring-prétexte, ce titre prend une toute autre dimension à travers ses plans en harmonie ou alternés, en particulier sur le refrain qui emmène le morceau vers un final entêtant.

La suite est aussi riche et enthousiasmante, les compos s’enchaînant, toutes inspirées et puissantes. On pense à ce « Threes » au refrain classique mais imparable, ce « Generals » qui convoque les vieux standards du metal hardcore, ce « Cinderella » tout en lascivité, léger et grave à la fois… Et que dire de ce superbe « Alone », titre doom aux relents grunge dont l’intro/couplet poisseuse, trésor de simplicité, installe une ambiance à couper au couteau. Seul regret : ce « Lucky » qui s’emballe à un moment en un morceau épique, et qui aurait pu se finir en apothéose plutôt que sur cette section un peu foutraque à la fin. Sortie d’album un peu ratée. Mais c’est tellement anecdotique…

Attention toutefois : les premières écoutes peuvent apparaître un peu arides, notre oreille ayant été plutôt habitée ces dernières années à des genres musicaux et des sonorités plus éloignées probablement. Mais petit à petit la coquille se brise et la richesse des compos apparaît plus évidemment. Il faut donc, plus qu’à l’habitude peut-être, laisser sa chance au produit. Il devient ensuite plus difficile de s’en détacher…

Un très bon album, par un décidément très bon groupe, qui nous montre plus que toute autre chose qu’il se passe des choses remarquables hors des sentiers battus (gros labels, gros tourneurs, gros médias…).



Note de Desert-Rock :
   (8/10)

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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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